DERNIERE MINUTE

Vous lisez:

La Biennale de Lyon et sa définition "flottante" de l'art


Cult

La Biennale de Lyon et sa définition "flottante" de l'art

La 14ème Biennale d’art contemporain de Lyon interroge la modernité. “Mondes flottants” – à découvrir jusqu’au 7 janvier 2018 – invite à élargir notre vision du monde actuel à travers le mouvement, la notion du temps et la fugacité.

Pendant quatre mois, Lyon devient la capitale mondiale de l’art contemporain et cette année encore, sa Biennale réserve son lot d‘émerveillement et d’interrogation. Une démarche menée cette fois sous le commissariat d’Emma Lavigne, directrice du Centre Pompidou-Metz.

“Les artistes qui sont rassemblés dans cette Biennale élargissent au maximum la définition même de l‘œuvre d’art, explique-t-elle. Une œuvre d’art n’est plus quelque chose de fixe, mais cela peut être juste un tissu flottant au vent, une œuvre musicale, un morceau de forêt enfermé dans une sculpture moderniste, donc il y a véritablement dans la biennale, des artistes qui réinventent ce qu’est une oeuvre d’art,” affirme-t-elle.

Illustration de cette définition “flottante” : l’installation faite d’hélices de l’Autrichienne Susanna Fritscher : les mouvements de l’air provoquent différentes tonalités auxquelles réagit une musicienne en improvisant.

“Peut-être qu’il ne s’agit pas [ndlr : dans cette œuvre] d’exprimer une idée, mais plutôt de laisser émerger quelque chose dans cette salle, quelque chose que l’on n’entend pas au départ et que l’on commence à entendre, on rend les tonalités audibles et notre perception de l’espace lui-même est modifié,” souligne-t-elle.

Visages de la contestation

“1968, le feu des idées”. C’est le titre de la série de photographies de Marcelo Brodsky. L’artiste argentin a peint sur les images d’archives de manifestations de défense des droits civils à travers le monde. Ces multiples visages de la contestation nous interpellent aujourd’hui encore.

“Je pense que les idées de 1968 ont influencé chacun d’entre nous – et toutes les générations suivantes – de par cette volonté d’aller vers un plus bel avenir, assure-t-il. À l‘époque, on pensait que notre futur serait bien meilleur ; or aujourd’hui, on n’est pas sûr que ce sera le cas,” déplore-t-il.

Autre ambiance dans l’une des salles de la Sucrière : la création éphémère du compositeur et chef d’orchestre américain Ari Benjamin Meyers. Il a réuni des étudiants qui jouent du rock. Ils forment un groupe uniquement le temps de la biennale. “L’objectif, c’est de s’amuser avec la réalité et l’imposture, fait remarquer l’artiste, parce que d’un côté, ils jouent vraiment de la musique, mais d’un autre côté, c’est un faux groupe. Donc on est entre les deux : c’est réel sur le moment, mais on raconte aussi une histoire, l’histoire d’un groupe qui s’appelerait ‘L’art’,” précise-t-il.

Complexité du monde

Julien Creuzet est né en banlieue parisienne et a des origines antillaises. Un parcours familial dans lequel il puise pour créer une œuvre composite entre sculpture et création textuelle.

“Il y a plein de choses de la complexité du monde dans lequel on vit : par exemple, le rapport à la migration, à la guerre, au terrorisme, à la famine, à la néocolonisation, à la décolonisation, à la colonisation… Et c’est tout ce qui va fabriquer le monde dans lequel on vit,” assure-t-il.

Cette Biennale expose à Lyon et Villeurbanne, le travail de plus de 80 artistes d’une vingtaine de pays, mais aussi une série de chef-d‘œuvres de la collection du Centre Georges-Pompidou.

“Internet et les réseaux sociaux ont changé nos vies, indique notre reporter Wolfgang Spindler avant d’ajouter : “Vous avez jusqu’en janvier 2018, pour voir comment ces artistes observent ce type de bouleversements et les réinterprètent.”

Le choix de la rédaction

Prochain article
En Chine, crêpe-party au bureau

Cult

En Chine, crêpe-party au bureau