DERNIERE MINUTE

DERNIERE MINUTE

L'opposant russe Navalny arrêté pendant des heures au lieu d'un meeting électoral

Vous lisez:

L'opposant russe Navalny arrêté pendant des heures au lieu d'un meeting électoral

L'opposant russe Navalny arrêté pendant des heures au lieu d'un meeting électoral
Taille du texte Aa Aa

L’opposant russe Alexeï Navalny, en campagne pour défier Vladimir Poutine à la présidentielle de mars prochain et qui devait se rendre à un meeting en province, a été arrêté vendredi par la police, puis relâché plusieurs heures plus tard.

La police de Moscou a expliqué l’arrestation de l’opposant par ses “appels répétés à participer à des événements publics non autorisés”. M. Navalny avait réuni au printemps des dizaines de milliers de personnes avec pour mot d’ordre la dénonciation de la corruption des élites.

Libéré dans la soirée après avoir passé la journée entière dans un poste de police, M. Navalny devra se présenter devant un juge lundi à 12H00 GMT, a déclaré à la presse sa porte-parole Kira Yarmych.

“Je me sens très bien !”, a lancé Alexeï Navalny aux journalistes qui l’attendaient à la sortie du poste de police.

“Nous n’allons pas cesser nos activités quels que soient les obstacles”, a assuré l’opposant, précisant qu’il envisageait de se rendre samedi pour un meeting à Orenbourg, en Sibérie, et dimanche à Arkhanguelsk (nord-ouest).

Les faits qui lui sont reprochés peuvent cependant lui valoir jusqu‘à 30 jours de détention.

“Le Kremlin considère mes rencontres avec les électeurs comme une énorme menace et même comme une insulte”, a dénoncé l’opposant plus tôt dans la journée sur Twitter.

A moins de six mois du scrutin, pour lequel le chef de l’Etat ne s’est officiellement pas encore déclaré candidat, M. Navalny participe dans toute la Russie, malgré les entraves posées par les autorités, à une série de rencontres avec les électeurs.

Il a été arrêté à la sortie de l’immeuble où il vit à Moscou, au moment où il devait prendre un train pour se rendre à un meeting de campagne pourtant autorisé par les autorités à Nijni Novgorod, à 400 kilomètres à l’est de la capitale.

De 200 à 300 personnes sont allées là où aurait dû avoir lieu ce rassemblement, répondant à l’appel de M. Navalny à se déplacer malgré son interpellation.

Son bras droit, Leonid Volkov, a également dit avoir été interpellé à Nijni Novgorod et se trouver au commissariat avec son avocat.

- Avenir flou –

C’est la première fois qu’Alexeï Navalny est arrêté depuis la fin de sa détention administrative en juin. Il avait été détenu 15 puis 25 jours après avoir organisé deux manifestations, interdites par les autorités mais très suivies par la jeunesse et ayant débouché sur des centaines d’arrestations.

L’opposant a organisé ces dernières semaines plusieurs meetings de campagne à travers la Russie ayant rassemblé des milliers de personnes, dans l’indifférence des médias nationaux. Ses soutiens ont néanmoins fait état de tentatives des autorités d’entraver ces événements.

Un des membres de l‘équipe de campagne de l’opposant, Nikolaï Liaskine, a affirmé en septembre avoir été attaqué dans la rue à Moscou par des inconnus armés d’une barre métallique.

En juillet, le local de campagne moscovite de M. Navalny avait été investi et bloqué par la police, tandis que ses tracts et des objets promotionnels ont été saisis à plusieurs reprises et ses partisans interpellés pendant qu’ils démarchaient les passants.

Depuis l’annonce de sa candidature à la présidentielle, M. Navalny affirme néanmoins avoir ouvert plus de 60 bureaux de campagne dans différentes régions de Russie.

Son avenir politique demeure pourtant flou, la commission électorale centrale l’ayant jugé en juin inapte à se présenter contre Vladimir Poutine en raison d’une condamnation pour détournement de fonds.

Principal opposant au Kremlin, Alexeï Navalny a été la cible de nombreuses agressions, dont une avec un liquide vert qui a requis un traitement ophtalmologique en Espagne, mais également de plusieurs poursuites judiciaires ayant visé, selon ses partisans, à entraver ses ambitions.

M. Poutine, qui n’a pas encore annoncé officiellement s’il briguerait un quatrième mandat, s’est pour le moment contenté de présenter M. Navalny comme une figure marginale et un opportuniste qui “utilise les difficultés existantes pour sa propre communication politique”.

Le commissaire aux droits de l’Homme du Conseil de l’Europe, Niels Muižnieks, a appelé la Russie à “réviser” sa loi sur l’organisation des manifestations. “La loi russe sur la liberté de réunion a été rendue considérablement plus restrictive ces dernières années”, a-t-il écrit dans un communiqué.

Tous droits de reproduction et de représentation réservés. © 2018 - Agence France-Presse.
+Voir plus
Tous droits de reproduction et de représentation réservés.© 2018 - Agence France-Presse. Toutes les informations (texte, photo, vidéo, infographie fixe ou animée, contenu sonore ou multimédia) reproduites dans cette rubrique (ou sur cette page selon le cas) sont protégées par la législation en vigueur sur les droits de propriété intellectuelle. Par conséquent, toute reproduction, représentation, modification, traduction, exploitation commerciale ou réutilisation de quelque manière que ce soit est interdite sans l’accord préalable écrit de l’AFP, à l’exception de l’usage non commercial personnel. L’AFP ne pourra être tenue pour responsable des retards, erreurs, omissions qui ne peuvent être exclus dans le domaine des informations de presse, ni des conséquences des actions ou transactions effectuées sur la base de ces informations. AFP et son logo sont des marques déposées.