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Catalogne : six choses à retenir du référendum

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Catalogne : six choses à retenir du référendum

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En Catalogne, les bureaux de vote ont fermé dimanche soir à 20 heures. Le dépouillement a commencé au terme d’une journée de tensions et de heurts entre les électeurs indépendantistes et les policiers espagnols qui avaient reçu l’ordre d’empêcher le déroulement du scrutin, jugé illégal par Madrid.

Un scrutin forcément litigieux. Même si “des millions” d‘électeurs ont réussi à voter (dixit le président de la région catalane), les autorités espagnoles ont globalement réussi à saborder le bon déroulement des opérations de vote (menaces et arrestations préventives, saisie des bulletins et des urnes, fermeture de nombreux bureaux de vote…). Les organisateurs du scrutin ont donc dû parfois s’arranger avec les moyens du bord, au risque de prendre quelques libertés du point de vue légal. Le taux de participation sera également décisif. Si une forte majorité de Catalans a réellement boudé le scrutin, sa légitimité n’en sera qu’affaiblie. Et vice versa.


Des violences qui laisseront des traces. Les violences policières retransmises en direct sur les télévisions du monde entier ont marqué les esprits. Des hommes, mais aussi des femmes, parfois très âgés, ont été brutalisés lors de l’intervention des forces de l’ordre. Ils souhaitaient voter. Ils en ont été empêchés. Un désastre sur le plan symbolique. Sur le plan politique, cette répression aveugle pourrait aussi entraîner une certaine radicalisation de nombreux Catalans jusque-là modérés.


De très nombreux blessés. Au total, 844 personnes ont sollicité une aide médicale, selon le gouvernement catalan. Il y a eu 92 blessés enregistrés, selon les services de santé régionaux, dont deux plus gravement. Enfin 33 policiers ont été blessés, selon le ministère de l’Intérieur.


La fermeté de Madrid. Peu après la fermeture des bureaux de vote, le chef du gouvernement espagnol a prononcé un discours d’une très grande fermeté, quitte à nier les faits. Pour Mariano Rajoy, dimanche “il n’y a pas eu de référendum d’autodétermination” puisque le vote n‘était pas légal. En réprimant le scrutin, “les forces de sécurité n’ont fait que leur devoir”.

Déclaration d’indépendance. Le bras de fer avec Madrid n’est cependant pas terminé. Dimanche soir, le président régional catalan Carles Puigdemont a affirmé que suite à la victoire du ‘oui’ au référendum, les Catalans avaient “gagné le droit d’avoir un Etat indépendant”.


Le silence de l’Union européenne. Malgré la condamnation des violences de plusieurs chefs de gouvernement nationaux ou régionaux (Belgique, Ecosse, Québec…), Mariano Rajoy a remercié l’Union européenne pour sa neutralité au nom de la souveraineté de l’Espagne et de la protection de son ordre constitutionnel.


Christophe Garach, avec Agences