DERNIERE MINUTE

Le glyphosate en sursis dans l'Union européenne

L'herbicide est accusé d'être cancérigène. Les experts sont divisés. L'UE doit prendre une décision d'interdiction ou de renouvellement avant la fin de l'année.

Vous lisez:

Le glyphosate en sursis dans l'Union européenne

Taille du texte Aa Aa

Existe-t-il des alternatives aux herbicides utilisant du glyphosate, accusé d‘être cancérigène ? Des alternatives efficaces, sûres et peu chères ?
Quentin Goffinet, producteur de pommes de terre, de céréales et de boeuf certifiés bio en Belgique, procède à un désherbage mécanique traditionnel plutôt que d’utiliser des produits chimiques. Pour lui, l’alimentation est bien plus qu’une simple activité commerciale. Il se confie : “On a banalisé le travail de l’agriculteur et toute leur production, donc, fatalement, pour les grandes sociétés, j’ai l’impression que c’est plus des produits financiers que réellement des aliments qui servent à nourrir la population.”
Mis sur le marché il y a plus de quarante ans, l’herbicide produit par Monsanto est vendu dans 160 pays.
L’herbicide à base de glyphosate est l’objet d’un vif débat dans l’Union européenne qui doit décider si elle renouvelle ou non l’autorisation de commercialisation pour la prochaine décennie.

Monsanto a refusé de participer aux auditions publiques du Parlement européen et accuse les eurodéputés de politiser une procédure qui devrait être strictement scientifique.
Le Parlement européen a entendu des experts, des militants et des décideurs et souhaite poser le problème en termes de sécurité sanitaire.
“Il y a eu des preuves limitées de cancer chez l’homme, des preuves suffisantes de cancer sur les animaux et de fortes preuves de mécanismes dont on sait qu’ils peuvent être cancérigènes, a déclaré le Dr Kate Guyton, de l’Agence internationale pour la recherche sur le cancer, qui fait partie de l’OMS. Tout cela a conduit le groupe de travai là classer le glyphosate parmi les produits potentiellement cancérigènes pour l’homme.”

L’Agence européenne de sécurité des aliments est, pour sa part, opposée à toute interdiction.
“La substance active du glyphosate ne requiert pas de classification pour son caractères cancérigène, estime le Dr José Tarazona, de l’Agence européenne de sécurité des aliments. D’ailleurs, il est important de mentionner que toutes les agences de régulation qui nous suivent au Canada, au Japon, en Nouvelle-Zélande, ont confirmé cela.”

Le lobby des agriculteurs européens appelle à un renouvellement de l’autorisation du glyphosate pour quinze ans. La décision de l’UE sera prise avant la fin de l’année.