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Pourquoi tant d'incendies meurtiers au Portugal

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Pourquoi tant d'incendies meurtiers au Portugal

Pourquoi tant d'incendies meurtiers au Portugal
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Le Portugal était ravagé lundi par des incendies meurtriers, pour la seconde fois en quatre mois. Voici les causes de ces catastrophes, d’après un rapport d’une commission d’experts indépendants publié jeudi dernier.

Les douze experts avaient été chargée par le parlement d’analyser l’immense feu de forêt qui avait ravagé en juin la région de Pedrogao Grande (centre), tuant 64 personnes. Lundi, le bilan s‘élevait à 32 morts et 15 blessés grave.

- Des pompiers volontaires peu formés –

Les pompiers au Portugal sont en majorité des volontaires. Le rapport recommande leur professionnalisation progressive, une modernisation de l’Ecole nationale des pompiers et une plus grande coordination avec l’armée, sous-utilisée dans ces catastrophes naturelles.

- Manque de moyens de communication –

Les services de secours sont incapables de communiquer entre eux quand l’infrastructure (lignes téléphoniques, relais de téléphone mobile) a brûlé. Leur système de communication utilise “une technologie vétuste”, ont souligné ces experts. Les reporters de l’AFP ont croisé en juin des pompiers qui demandaient leur chemin aux habitants. La Ligue des pompiers volontaires a réclamé lundi des outils ‘plus modernes et plus fiables”.

- L’eucalyptus inflammable –

L’industrie du papier demande de l’eucalyptus, une espèce très inflammable. Le rapport recommande de planter plus de chênes de châtaigners et en général des feuillus plutôt que des pins et des eucalyptus. Le parlement a décidé en juillet de réduire progressivement les surfaces autorisées pour la culture de l’eucalyptus.

- Manque de capacité d’anticipation –

Le Portugal ne possède pas de météorologues experts en anticipation et lutte contre les incendies. Vu les températures inhabituellement élevées en juin, le gouvernement aurait dû renforcer plus tôt le Dispositif spécial de combat contre les incendies de forêt, comme il le fait normalement en juillet. Ce dispositif est conçu pour réagir plutôt que pour anticiper.

- Des services de la protection civile défaillants –

L’Autorité nationale de la protection civile (ANPC) a été lente à réagir et à engager les moyens nécessaires dès le départ des feux. Les experts ont découvert par exemple que l’hélicoptère anti-incendie que l’ANPC affirmait avoir engagé le premier soir n’avait jamais décollé.

D’après ces spécialistes se posent également des problèmes dans la chaîne de commandement de l’ANPC, où les nominations ne correspondent pas aux profils exigés. La commission d’enquête recommande de sélectionner des “professionnels possédant les compétences et l’expérience nécessaires”.

- Des villages au milieu des forêts –

Les spécialistes relèvent une trop grande proximité entre les habitations et les espaces naturels. Les populations ne sont pas sensibilisées aux risques des incendies de forêt. Elles ne procèdent pas au débroussaillage des parcelles, pas plus que les municipalités. La ministre de l’Intérieur Constança Urbano de Sousa a déploré lundi que certains continuent à brûler des feuilles dans leurs parcelles en pleine sécheresse.

- Le mythe des incendiaires –

L’idée très répandue que la plupart des incendies sont d’origine criminelle est un mythe, affirment les experts. L’incendie de Pedrogao a été déclenché par des surcharges dans les réseaux de distribution de l‘électricité et un éclair, selon eux.

- Incurie gouvernementale –

Le rapport reproche aux gouvernements successifs de ne jamais avoir développé une politique concertée de prévention des incendies, chacun faisant “table rase” des efforts de son prédécesseur.

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