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Portugal: face à un "mur de feu" ils ne se sont jamais réveillés

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Portugal: face à un "mur de feu" ils ne se sont jamais réveillés

Portugal: face à un "mur de feu" ils ne se sont jamais réveillés
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Fernando, sa femme et sa soeur dormaient dans leur maison à l’extrémité de Vila Nova de Ventosa, quand les flammes ont dévalé les collines vers ce village du centre du Portugal. Pris au piège, les retraités ne se sont jamais réveillés.

Les incendies qui ont éclaté dimanche soir dans le nord et le centre du pays ont fait au moins 32 morts et sept disparus, selon le dernier bilan de la protection civile.

“J‘étais à l’autre bout du village en train de lutter contre les flammes et en deux minutes le mur de feu avait déjà atteint l’autre côté”, souffle Ricardo Lopes, professeur à Viseu, capitale du district situé à une trentaine de kilomètres de Vila Nova de Ventosa.

Quand il a appris ce qu’il se passait dans le village de ses parents, cet homme de 37 ans aux yeux rougis par la fatigue et la fumée a avalé en toute hâte les virages qui mènent à cette petite bourgade coincée entre deux collines.

Il a atteint la bourgade, entourée de potagers où poussent toutes sortes de courges, au même moment qu’un brasier attisé par de violentes bourrasques.

“Il était à peu près minuit vingt, ce fut un ouragan de flammes. Il n’y a pas de mots pour décrire ça. C‘était tellement fort.. “, dit José Constantino, un habitant du village.

“Je dormais et tout d’un coup j’ai été réveillé par un bruit énorme, on aurait dit un volcan qui emportait tout sur son passage. Je me suis levé et je ne voyais que du feu et des flammes partout”, ajoute Celestino Ribeiro, réchappé de la catastrophe.

Fernando Lourenço, 71 ans, sa soeur Arminda, 76 ans et sa femme Laurinda 65 ans, eux, ne se sont pas réveillés.

“Le feu est arrivé de tous les côtés, c‘était le chaos, et malheureusement leur maison faisait partie des premières à être touchées, ils n’auraient même pas eu le temps de fuir”, explique Maria Idalina, femme de ménage à la retraite.

Malgré leurs efforts, les habitants n’ont pu empêcher les flammes d’atteindre les habitations de pierre du village, dévorant les granges, le bétail et les cultures sur leur passage.

“Quand le feu est entré dans les rues, nous étions impuissants, on n’a rien pu faire pour ceux qui sont restés coincés chez eux”, se lamente Ricardo Lopes.

“Pendant quatre heures nous étions seuls, sans l’aide des pompiers, heureusement que les secours sont arrivés car nous n’avions plus d’eau”.

Sous une nuage de fumée acre qui voile le soleil, Ricardo et d’autres habitants multiplient les allers-retours en voiture jusqu’aux puits des alentours pour remplir des seaux afin de constituer des stocks d’eau pour la nuit.

Les collines environnantes sont couvertes d’oliveraies ou d’eucalyptus calcinés. Cultivé pour l’industrie du papier, l’eucalyptus, une espèce très inflammable, est un des facteurs d’accélération des incendies qui ont ravagé les forêts portugaises ces dernières années.

Après les feux de forêts les plus meurtriers de l’histoire du Portugal, quand 64 personnes ont péri dans les flammes en juin dernier, le parlement a décidé de réduire progressivement les surfaces autorisées pour la culture de l’eucalyptus.

Assis sur ses béquilles près de la modeste chapelle du village, José Ribeiro fixe le sol, l’air abattu.

“Nous avons déjà eu quelques incendies dont un important en 2000, mais ce n‘était jamais descendu jusque dans le village”, déclare l’homme de 90 ans qui a toujours vécu ici.

Le vieillard souligne la grande solidarité de tous les villageois qui ont “aidé comme ils le pouvaient” et sans qui “cela aurait pu être bien plus dramatique”.

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