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Emmanuel Macron détaille sa politique de sécurité dans un discours "fondateur"

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Emmanuel Macron détaille sa politique de sécurité dans un discours "fondateur"

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“Il ne s’agit pas de ressusciter, 20 ans plus tard, la police de proximité créée par Jean-Pierre Chevènement. Le contexte a changé et la délinquance s’est transformée (…) toutefois, l’inspiration est la même. Il s’agit de déployer une police mieux ancrée dans les territoires dont elle a la charge. (…) Au plus près des français, elle développera une connaissance approfondie des lieux et des habitants qu’elle sera chargée de protéger et d’entendre”.

Voilà comment Emmanuel Macron présentait, lors de la campagne présidentielle entre octobre 2016 et mars 2017, cette “nouvelle police” dont la mise en place et l’articulation ont été confiées au ministre de l’Intérieur Gérard Collomb. Si l’expérimentation de la “police de sécurité du quotidien” (SDQ), son nom officiel, doit débuter début 2018 dans une quinzaine de villes, ses contours restent encore très flous. Le chef de l’Etat est donc très attendu sur ce point lors du discours qu’il doit tenir ce mercredi après-midi à l’Elysée devant quelque 500 personnes, dont les directeurs départementaux de la police, les commandants de groupement de gendarmerie, les préfets et les principaux cadres du ministère de l’Intérieur. Un tel rassemblement de l’ensemble des représentants du secteur à l’Elysée n’a jusqu‘à présent été organisé qu’une seule fois, au début du quinquennat de Nicolas Sarkozy.



Une allocution sur fond de menace terroriste et de grogne policière

Ce discours “fondateur” sur la politique de sécurité devant les forces de l’ordre qui devait initialement avoir lieu le 29 septembre à Lyon – mais avait finalement été annulé, Emmanuel Macron ayant dû, selon l’Elysée, écourter sa visite dans la capitale des Gaules pour se rendre précipitamment à Tallin en Estonie, assister à un sommet des dirigeants européens – intervient une semaine après l’adoption du projet de loi antiterroriste qui doit prendre le relais de l’état d’urgence au 1er novembre, et sur fond de grogne persistante de grogne policière.

Depuis un peu plus d’un an et l’attaque de Viry-Châtillon (Essonne) dans laquelle deux policiers avaient été grièvement blessés, la mobilisation policière s’est en effet intensifiée. Le 16 septembre dernier par exemple, plusieurs centaines de policiers ont manifesté dans de nombreuses grandes villes de France pour dénoncer notamment la dégradation de leurs conditions de travail et dire leur colère contre la nouvelle loi Travail.


Dans son discours, Emmanuel Macron devrait aussi revenir sur “le principe de responsabilité” qui s’applique aux représentants de l’Etat, après le débarquement du préfet de la région Auvergne-Rhône-Alpes suite à des “dysfonctionnements” causant la remise en liberté du tueur de Marseille, un Tunisien en situation irrégulière. Suite à cette affaire, il a promis que tous les “étrangers en situation irrégulière” qui commettent un délit “seront expulsés”. Une annonce en droite ligne de la fermeté promise pour la loi sur l’immigration et l’asile attendue début 2018, alors que le président entend améliorer en contrepartie l’accueil des réfugiés en France.

Enfin, face à une menace terroriste qui reste élevée, le chef de l’Etat ne devrait pas annoncer de nouvelles mesures mais revenir sur la création de la task-force le nouvel instrument de pilotage du renseignement de l’Elysée, pour mieux insister sur l’indispensable coopération entre les services afin d’éviter de nouveaux attentats.

Avec Agences.