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La cybercensure coûte cher à l'Afrique

En Afrique subsaharienne, comme en Inde, en Chine, en Turquie,..., la cybercensure est de plus en plus utilisée pour taire les contestations

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La cybercensure coûte cher à l'Afrique

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La cybercensure coûte cher, démocratiquement et économiquement, mais dans les pays où la liberté d’expression n’est pas totale, elle est la règle depuis les débuts d’internet. En Afrique subsaharienne, cette cybercensure est de plus en plus utilisée par les dirigeants pour mettre le couvercle sur les manifestations, les contestations, ou en période électorale. Depuis 2015, au moins 12 pays y ont eu recours. Au total, l’accès au réseau internet a été coupé pendant 236 jours cumulés et cela aurait coûté plus de 200 millions d’euros.
L’association Internet sans frontières évoque le cas du Cameroun agité depuis un an par des velléités indépendantistes de ses régions anglophones.

Le cas du Cameroun est particulièrement préoccupant car les coupures ont eu lieu dans deux régions spécifiques, l’une d’entre elles abrite la Silicon mountain, la ville de Buea qui héberge un certain nombre de start-up et d’entrepreneurs qui comptent sur Internet pour leurs activités, pour embaucher et dynamiser l‘économie de la région“, explique Julie Owono, avocate et responsable du bureau Afrique d’Internet sans Frontières.

Le pays a perdu au bas mot cinq millions d’euros en 94 jours de coupure internet et l’association déplore le manque de réaction de l’union européenne :

Nous n’avons pas encore entendu la France, l’UE qui sont des partenaires très importants du Cameroun, et c’est la même chose au Togo, nous n’avons pas entendu la communauté internationale s’exprimer contre la fermeture d’Internet. C’est inquiétant parce que c’est aussi l’indicateur de violations plus graves des droits de l’homme“.

Selon le dernier rapport de la Cipesa (la Coalition pour les politiques internationales sur les technologies de la communication et de l’internet en Afrique australe et de l’Est), des coupures ou restrictions d’accès à certains sites ont été récemment décrétées à la veille des examens nationaux en Ethiopie, par exemple, pendant les élections au Tchad, au Gabon ou en Ouganda et pendant des vagues de contestation populaire en République démocratique du Congo, au Burundi, en Ethiopie et au Togo. Des pratiques qui engendrent des répercussions négatives sur “la vie des citoyens, le profit des entreprises, le PIB et la compétitivité des pays”.





Avec Reuters