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Réforme du Code du travail : la mobilisation s'essouffle mais continue

La troisième journée de protestation contre les ordonnances, à l'appel de la CGT et Solidaires, montrait un net essoufflement de la mobilisation à Paris et en régions, en attendant une éventuelle action plus unitaire avec d'autres syndicats, qui pourrait être annoncée le 24 octobre.

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Réforme du Code du travail : la mobilisation s'essouffle mais continue

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La troisième journée de protestation contre les ordonnances, à l’appel de la CGT et Solidaires, montrait un net essoufflement de la mobilisation à Paris et en régions, en attendant une éventuelle action plus unitaire avec d’autres syndicats, qui pourrait être annoncée le 24 octobre.

On est déterminés à aller jusqu’au bout“, a assuré à Marseille le leader de la CGT Philippe Martinez, en tête du défilé contre la réforme du Code du travail. Seules 20 000 personnes ont manifesté dans la cité phocéenne, selon la CGT, contre 50 000 le 21 septembre et 60 000 le 12.

A Paris, le cortège entre Montparnasse et Denfert-Rochereau a rassemblé de 5 500 manifestants, selon la Préfecture de police, à 25 000 selon la CGT, deux fois moins qu’en septembre. La CGT avait en effet annoncé 55 000 manifestants le 21 septembre et 60 000 le 12.

En régions, les manifestations montraient partout une baisse significative, notamment à Pau, Bayonne ou Rennes, mais aussi à Toulouse et Lyon.

Ce n’est pas spectaculaire, et pourtant ça participe de la construction du mouvement social“, a relevé à Rennes Fabrice Le Restif, secrétaire départemental FO, qui a été de tous les défilés contre la réforme. “J’espère que les gens vont se réveiller. Ce n’est pas fini, on lâche rien“, a de son côté lancé Johann Le Saux, un cheminot CGT de 38 ans.

Allusion au propos polémique d’Emmanuel Macron en Corrèze, une banderole proclamait à Lyon : “foutons le bordel“.

Mais l’exécutif est déjà passé à autre chose. Edouard Philippe a rappelé dans la matinée que les ordonnances “ont été signées, publiées, sont en vigueur“, tout en disant assumer “des désaccords“ avec les syndicats. Le premier ministre a d’ailleurs entamé cette semaine le deuxième volet de ses réformes sociales, celles de l’apprentissage, de la formation professionnelle et de l’assurance chômage, qui doivent aboutir à un projet de loi en avril.

Pour la CGT et Solidaires, toutefois, pas question de tourner la page des ordonnances. “La perspective de construction d’une mobilisation unitaire qui mette à bas ces ordonnances est toujours une priorité“, a expliqué en début de semaine Eric Beynel, porte-parole de Solidaires.

Mais l’annonce de cette journée de mobilisation par la CGT seule d’abord, avait pris de court, même en interne. “On a du mal à comprendre cet appel“, a avoué un cadre de la CGT, qui craint que cette journée ne “soit un échec“, une semaine après la mobilisation “en demi-teinte“ pour soutenir les fonctionnaires.

La CGT avait lancé l’appel le 9 octobre, après une réunion intersyndicale qui avait échoué à arrêter une action unitaire.

Toutes les centrales syndicales émettent pourtant de sérieuses critiques sur certaines mesures, comme le plafonnement des indemnités prud’homales ou la fusion des instances représentatives du personnel, dont le décret d’application n’a toujours pas été publié. Mais elles sont très divisées sur les modalités d’action et semblent déjà, pour certaines, tournées vers le prochain volet des réformes sociales.

Pour Fabrice Angéi, membre de la direction de la CGT, la journée de jeudi permet en tout cas “d’entretenir la contestation. On ne pouvait pas attendre le 24 octobre“. Ce jour-là, une nouvelle intersyndicale pourrait en effet donner lieu à un appel plus unitaire, éventuellement avec FO et la CFE-CGC, espèrent la CGT et Solidaires.

Cette réunion est paradoxalement prévue au siège de la CFDT, dont le secrétaire général Laurent Berger a maintes fois répété qu’il refusait de faire “démonstration de faiblesse“ en battant le pavé contre les ordonnances, malgré les demandes insistantes d’une partie de ses militants.

Fabrice Angéi espère que cette intersyndicale permettra d’”arrêter une date pour mi-novembre“. D’ici là, des militants de FO, de la CFDT ou de la CFTC, dont les centrales n’ont pas appelé à manifester, ont quand même gonflé les troupes, comme les 12 et 21 septembre, où 223 000, puis 132 000 personnes avaient défilé en France, selon la police.

Treize fédérations de la CFE-CGC participaient aussi aux manifestations jeudi, pour dénoncer une réforme dont les mesures “ne créeront pas d’emplois“ ni “ne renforceront la confiance et le dialogue social en entreprise“.

Côté transport, il y a peu d’incidences sur le réseau SNCF, alors que Radio France a été partiellement perturbée dans la matinée.

Avec agence (AFP)