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Glyphosate : le Parlement européen met la pression

Le Parlement européen a voté une résolution recommandant l'interdiction du glyphosate d'ici cinq ans

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Glyphosate : le Parlement européen met la pression

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Le Parlement européen veut l‘élimination progressive du glyphosate. Les eurodéputés ont voté une résolution en ce sens, non contraignante mais très symbolique, à la veille du vote des Etats membres sur ce dossier ultra-sensible. Ce que demande le Parlement, c’est que l’herbicide ne soit plus autorisé pour l’usage domestique ni pour l’usage agricole d’ici cinq ans.


Connu pour être la substance active du Roundup de Monsanto, le glyphosate est présent dans plus de 750 produits et massivement utilisé par les agriculteurs. Rien qu’en France, 8000 tonnes sont épandues chaque année, surtout dans les exploitations céréalières.

Or les risques pour la santé font débat. Il y a deux ans, le Centre international de recherche sur le Cancer a classé le glyphosate comme “cancérogène probable” pour l’homme. De leur côté, les agences européennes en charge de la sécurité des aliments (EFSA) et des produits chimiques (ECHA) ont estimé les preuves insuffisantes, bien que des études pointent une augmentation de l’incidence de certains cancers sur les animaux de laboratoire.

A Bruxelles, les 28 devront dire ce mercredi s’ils autorisent oui ou non le glyphosate pour dix ans de plus, comme le propose la Commission. La France est de ceux qui voteront non, avec l’Italie, l’Autriche et le Luxembourg. Le ministre de la Transition écologique, Nicolas Hulot, plaide pour une interdiction d’ici trois ans. Mais il est probable qu’aucune majorité claire ne se dégage au niveau européen.

La pression de l’opinion publique n’en est pas moins plus forte que jamais. Une pétition rassemblant plus d’un million de signatures contre le glyphosate a été remise à la Commission et les révélations de la presse tendant à montrer que l‘étude de l’EFSA a été influencée par Monsanto alimentent le scepticisme ambiant.



Pour l’Italienne Fiorella Belpoggi, directrice de recherche à l’Institut Ramazzini, l’influence de l’industrie sur la recherche doit être bannie une fois pour toutes.

“Il y a des pressions très fortes de l’industrie qui veut jouer ses cartes, qui veut présenter les données d’une certaine manière, de façon à préserver ses profits, et non en mettant en avant l’impact sur la santé. Mais c’est l’Europe qui est responsable de notre santé, pas Monsanto. Donc l’Europe doit garantir des mécanismes de contrôle, faire des appels d’offres pour la recherche, avec les financements de l’industrie. Mais c’est à l’Europe de faire les recherches, pas aux industriels.”