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Le Kremlin rejette tout climat hostile aux médias indépendants

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Le Kremlin rejette tout climat hostile aux médias indépendants

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Le Kremlin a rejeté mardi tout climat hostile aux journalistes critiques du pouvoir en Russie, au lendemain d’une agression contre une animatrice vedette de la radio Echo de Moscou, dénoncée comme l’acte isolé d’un “fou”.

Rédactrice en chef adjointe de la première radio indépendante créée à la fin de l’URSS, Tatiana Felguenhauer, 32 ans, a été transférée en réanimation après avoir été poignardée en pleine rédaction par un homme semblant déséquilibré, selon ses premières déclarations à la police.

“Les actions d’un fou restent les actions d’un fou”, a déclaré aux journalistes le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov.

“Tenter de relier cet événement tragique, lié à la manifestation d’une telle folie, avec quelque chose d’autre n’est pas logique ou correct de notre point de vue”, a-t-il ajouté, disant compatir avec la journaliste et la rédaction de la radio “qui a eu à subir l’attaque de ce fou”.

Présentatrice d’une émission populaire du matin sur cette radio critique du pouvoir, Tatiana Felguenhauer se trouvait toujours en réanimation mardi après avoir été opérée la veille.

Son état est “assez grave” mais le pronostic est “favorable” et les cordes vocales n’ont pas été affectées, a indiqué la radio.

L’assaillant, un Russo-israélien de 48 ans identifié par les enquêteurs comme Boris Grits, a été interpellé et présenté devant un juge, qui a décidé mardi son placement en détention provisoire pour deux mois.

Soupçonné de “tentative d’homicide” par les enquêteurs, qui l’ont qualifié “d‘élément antisocial, sans famille, domicile fixe ou revenus”, il a partiellement reconnu sa culpabilité mais a nié avoir eu l’intention de tuer la journaliste.

Visiblement déséquilibré, il affirme avoir avec la victime “un lien télépathique depuis 2012” et assuré qu’elle “le pourchassait sexuellement toutes les nuits” via ce “lien”.

Né en Abkhazie, territoire ayant fait sécession de la Géorgie, Boris Grits a fait ses études à Moscou. Il était parti en Israël en 2003 avant de revenir dans la capitale russe il y a un mois.

- ‘Climat de haine’ –

De nombreuses voix ont néanmoins critiqué une atmosphère hostile, alimentée par le pouvoir, envers les voix critiques, journalistes ou politiques, de nature à encourager les déséquilibrés.

Le rédacteur en chef de la radio Echo de Moscou, Alexeï Venediktov, a ainsi dénoncé mardi un “climat de haine” alimentant l’idée qu’“on peut tuer les sales types”. “La folie ne se manifeste pas ex nihilo”, a-t-il estimé.

Le syndicat des journalistes russes a de son côté regretté la diffusion récente de reportages à charge contre Echo de Moscou sur la chaîne publique d’information Rossiïa-24, relais des points de vue du Kremlin.

Ces sujets accusaient les journalistes d’Echo de Moscou et Tatiana Felguenhauer de travailler pour le département d’Etat américain et de collaborer avec des ONG occidentales pour saper la confiance dans les autorités russes.

“Nous estimons que ces sujets alimentent la haine à l’encontre de nos confrères et ont pu provoquer l’attaque contre Tatiana par un individu déséquilibré”, avait indiqué le syndicat dans un communiqué lundi.

“Tatiana avait son point de vue, d’autres n‘étaient pas d’accord et la soumettaient à la critique. Nous respectons et l’un, et l’autre points de vue”, a déclaré M. Peskov.

La radio Echo de Moscou, première station libre née en 1990 avant la chute du régime soviétique, était passée sous le contrôle du groupe public gazier Gazprom en 2001, un an après l’arrivée au pouvoir de Vladimir Poutine.

La station a néanmoins réussi à rester la principale radio russe à offrir des points de vue indépendants, dans un paysage médiatique verrouillé où les grandes chaînes de télévision sont sous contrôle.

De nombreux journalistes ont été agressés, blessés ou assassinés ces dernières années dans le pays, et les enquêtes de police n’aboutissent que très rarement.

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