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Irak: le Hachd al-Chaabi, supplétif crucial mais parfois encombrant

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Irak: le Hachd al-Chaabi, supplétif crucial mais parfois encombrant

Irak: le Hachd al-Chaabi, supplétif crucial mais parfois encombrant
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Les unités paramilitaires du Hachd al-Chaabi sont devenues un supplétif incontournable pour les forces irakiennes face au groupe Etat islamique (EI), mais également un allié parfois encombrant.

En 2014, alors que les jihadistes s’emparaient au cours d’une percée fulgurante de près d’un tiers du territoire irakien, le plus haut dignitaire chiite du pays, le grand ayatollah Ali Sistani, appelait les civils à prendre les armes.

Plus de 60.000 Irakiens ont répondu à l’appel et formé le Hach al-Chaabi, une coalition hétéroclite dominée par des milices chiites.

Les plus puissantes d’entre elles, comme Kataëb Hezbollah (Brigades du Parti de Dieu), l’organisation Badr et Assaïb Ahl al-Haq (La Ligue des vertueux) sont souvent décrites comme patronnées par l’Iran.

Ces milices ont été aux avant-postes pour stopper la progression de l’EI et le chasser de villes qu’il avait conquises. Mais elles se sont rendues coupables de nombreuses exactions selon des organisations de défense des droits de l’Homme.

La question de l’influence de l’Iran sur le Hachd est revenue au centre du débat la semaine dernière avec les déclarations du secrétaire d’Etat américain Rex Tillerson, appelant “les milices iraniennes” à “rentrer chez elles”.

Le Premier ministre irakien Haider al-Abadi a vivement rejeté ces propos, multipliant les déclarations de soutien au Hachd, placé sous son autorité directe.

Le Parlement qui le considère comme “une institution de l’Etat”, agissant “dans le cadre de la Constitution” irakienne, a voté l’intégration du Hachd au sein des forces régulières.

Le nombre exact de ses membres fait débat: le Parlement en compte 110.000 alors que les estimations des experts varient de 60.000 à 140.000.

“Les combattants du Hachd al-Chaabi sont des Irakiens qui ont combattu le terrorisme et défendu leur pays”, a martelé M. Abadi.

Toutefois, note le centre de recherche Carnegie, “Téhéran joue un vrai rôle dans la coordination avec la direction du Hachd, qui rencontre régulièrement Qassem Souleimani”, chargé des opérations extérieures des Gardiens de la révolution et régulièrement photographié en Irak, plus ou moins loin des zones de combat.

En juillet, Abou Mehdi al-Mohandis, numéro deux du Hachd, est apparu sur certains médias télévisés iraniens, s’exprimant en persan, et proclamant son allégeance au général Souleimani.

Abou Mehdi al-Mohandis est d’ailleurs présenté comme le véritable homme fort du Hachd car, font valoir les experts, il est celui qui est le plus proche de l’Iran.

Faleh al-Fayadh, conseiller à la sécurité nationale, en est officiellement le dirigeant.

Le Hachd comprend également des forces dites de “mobilisation tribale”, composées de combattants locaux qui ont soutenu les opérations dans les régions sunnites. Des unités ont également été formées, surtout dans le nord du pays, par les minorités, notamment chrétiennes et yazidie.

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