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Aux Etats-Unis, des ados se lancent en politique

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Aux Etats-Unis, des ados se lancent en politique
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Il a déjà l’allure d’un homme politique, avec son blazer bleu marine et sa façon d’appuyer son discours avec ses mains. A 17 ans, Tyler Ruzich, candidat au poste de gouverneur dans l’Etat américain du Kansas, n’aura pourtant pas le droit de vote avant l’année prochaine.

Le Kansas n’a pas de condition légale d‘âge pour ses élections locales, et cette année au moins cinq adolescents, tous des garçons, en ont profité pour se lancer en politique.

“Les hommes politiques ne font pas attention à nous”, lançait récemment l’adolescent lors d’une réunion publique dans le gymnase d’un lycée, à Lawrence, sa voix peinant à se faire entendre par-dessus les bruits de la salle de musculation voisine.

Trois de ses adversaires mineurs se trouvaient là aussi. Au total, trois républicains et un démocrate. Bienvenue dans l‘ère Donald Trump, où les candidats les plus inattendus se laissent pousser des ailes.

“C’est une occasion vraiment importante pour impliquer les jeunes”, dit Tyler Ruzich à l’AFP.

Un seul autre des 50 Etats américains est aussi permissif, en terme d‘âge: le Vermont, dans le coin nord-est du pays, où un candidat de 13 ans brigue le poste de gouverneur. Ailleurs, il faut avoir 18, 21, 25 ans ou le plus souvent 30 ans pour se faire élire. Pour le président américain, le seuil est de 35 ans, d’après la Constitution.

- Contre l’establishment –

Le premier à s‘être lancé, dans le Kansas, s’appelle Jack Bergeson, 16 ans, officiellement déclaré au printemps 2016 en tant que démocrate. La candidature lui a valu une invitation dans une émission de télévision nationale et quantité de mentions dans la presse.

L‘été dernier, c‘était au tour de Tyler Ruzich de se lancer, puis d’Ethan Randleas, suivis cet automne de Dominic Scavuzzo. Un cinquième, Joseph Tutera Jr., a annoncé sa candidature la semaine dernière.

“C’est une bonne chose”, dit Jack Bergeson. “La nouvelle génération veut changer les choses”.

Comment ces jeunes se positionnent-ils face à Donald Trump, qui dans cette partie conservatrice du pays reste très populaire ?

“Je ne suis pas forcément un supporteur du président, mais il a démontré que les gens en avaient marre de l’establishment”, dit Jack, bien qu’officiellement membre de l’opposition en tant que démocrate.

Les jeunes républicains n’ont pas non plus peur de défier l’orthodoxie de leur parti. Tyler Ruzich veut lui augmenter les impôts sur les sociétés. Et tous les quatre sont d’accord pour légaliser le cannabis.

Personne ne s’attend à ce que ces novices remportent le scrutin. Leur but est de pousser plus de jeunes à s’intéresser à la politique.

Mais, dit le professeur de science politique Burdett Loomis, ils pourraient malgré tout grappiller quelques voix.

“C’est une élection très incertaine”, rappelle le professeur de l’université du Kansas.

L’un des candidats principaux adulte est Kris Kobach, un républicain anti-immigration, proche de Donald Trump, qui l’a nommé à la tête d’une commission controversée sur la fraude électorale. Il est actuellement l‘élu chargé des élections dans le Kansas.

“C’est à la fois amusant et encourageant de voir des lycéens se lancer”, a dit Kris Kobach à un journal local. “Mais il serait approprié d’avoir un âge minimum pour le poste de gouverneur”.

Quoiqu’il arrive, Jack, Tyler et les autres marchent dans les pas d’une vraie pionnière: Saira Blair, une jeune femme de 17 ans qui se fit élire en 2014 à l’assemblée locale de Virginie occidentale… en battant le républicain sortant.

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