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Le Venezuela, en crise, toujours plus proche du défaut de paiement

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Le Venezuela, en crise, toujours plus proche du défaut de paiement

Le Venezuela, en crise, toujours plus proche du défaut de paiement
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Le Venezuela se rapprochait mercredi du défaut de paiement malgré l'annonce d'un accord avec la Russie pour restructurer sa dette, pendant que sa crise politique continue d'inquiéter l'ONU, qui réunira lundi son Conseil de sécurité, et l'UE, qui va le sanctionner. Le pays pétrolier, ruiné par la chute des cours du brut, a négocié un accord avec Moscou, l'un de ses principaux créanciers, qui pourrait être signé d'ici le 15 novembre selon l'ambassadeur vénézuélien en Russie, Carlos Faria Tortosa, cité par l'agence de presse russe RIA Novosti. "Le Venezuela a effectivement confirmé les modalités sur lesquelles nous nous sommes mis d'accord et le processus va entrer dans sa phase finale", a déclaré le ministre russe des Finances, Anton Silouanov, cité par l'agence Interfax. Mais la restructuration ne porterait que sur une petite portion - quelque 9 milliards de dollars - de la dette extérieure vénézuélienne, estimée autour de 150 milliards. Et l'agence de notation S&P Global Ratings a prévenu que toute opération de restructuration - ce qui signifie rééchelonner les remboursements, voire diminuer ou effacer des créances - constituerait "un défaut selon (ses) critères". Idem pour le cabinet Capital Economics: "Tout changement aux termes de la dette revient à la même chose, un défaut". Les agences Fitch, S&P et Moody's ont déjà abaissé la note du Venezuela en prévision du défaut de paiement, attendu dès les prochains jours par certains analystes. Il pourrait être annoncé par le gouvernement du président socialiste Nicolas Maduro, par une agence de notation, par un créancier ou par l'agence américaine ISDA, sorte de vigie mondiale des dettes souveraines. Si l'isolement international du Venezuela signifie un risque de contagion limité, la crise humanitaire et politique inquiète. A la demande de Washington, qui a déjà infligé plusieurs sanctions financières à Caracas, le Conseil de sécurité de l'ONU se réunira lundi pour évoquer le volet politique. "Ce qui se passe au Venezuela, c'est un Etat de non-démocratie avec de nombreuses violations des droits de l'homme et politiques", a affirmé à New York le président argentin Mauricio Macri après avoir rencontré le Secrétaire-général de l'ONU Antonio Guterres. - De l'oxygène pour Maduro - Parallèlement, à Bruxelles, les ambassadeurs des 28 pays de l'Union européenne ont donné leur feu vert mercredi à l'adoption de sanctions, dont un embargo sur les livraisons d'armes, contre le Venezuela en réponse à cette grave crise politique, selon des sources diplomatiques. "La finalité politique reste d'amener le gouvernement à la table des négociations avec l'opposition et donc de contribuer à sortir de la crise politique actuelle", a expliqué une de ces sources. Ces derniers mois, la communauté internationale n'a cessé de critiquer la radicalisation du gouvernement vénézuélien, qui a été confronté au printemps à quatre mois de manifestations ayant fait 125 morts. Mais ce probable défaut de paiement n'est pas obligatoirement une mauvaise affaire pour le président Maduro, qui y trouverait de l'oxygène politique avant la présidentielle de 2018. "Un défaut libèrerait des ressources pour financer des importations et donnerait à Maduro un élan politique à court terme pour chercher à se faire réélire", estime Risa Grais-Targow, analyste spécialiste du Venezuela au sein du cabinet Eurasia. D'ici ce week-end, le pays sud-américain doit payer au moins 81 millions de dollars d'un bon du groupe public pétrolier PDVSA. Puis, avant la fin de l'année, au moins 1,47 milliard d'intérêts de divers bons, et enfin 8 milliards environ en 2018. Mais ses réserves de devises ne sont plus que de 9,7 milliards, selon la Banque centrale. Le gouvernement, qui a appelé ses créanciers internationaux à se réunir à Caracas lundi, a toujours privilégié par-dessus tout le paiement de sa dette, sacrifiant les importations d'aliments et de médicaments, dont une grande majorité ont peu à peu disparu des rayons. "S'il voulait (continuer à) payer, cela impliquerait de couper encore dans les importations et cela a un coût politique très élevé, surtout pour un gouvernement à la faible popularité (...) et un président qui souhaite se faire réélire", indique l'analyste Asdrubal Oliveros, directeur du cabinet Ecoanalitica. Même si le gel des remboursements aurait un effet désastreux à moyen et long terme sur le Venezuela, le chef de l'Etat, élu en 2013, pourrait donc s'en servir pour la présidentielle de décembre 2018. Ainsi, "arrêter de payer va permettre à Maduro d'avoir plus d'argent pour la campagne présidentielle l'an prochain et de pouvoir importer des biens de première nécessité, comme la nourriture et les médicaments, qui ont souffert de la forte volonté du gouvernement de payer la dette plutôt qu'importer", explique Diego Moya-Ocampos, du cabinet d'études britannique IHS.
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