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Etats-Unis: probable inscription de la Corée du Nord sur la liste des "soutiens du terrorisme"

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Etats-Unis: probable inscription de la Corée du Nord sur la liste des "soutiens du terrorisme"

Etats-Unis: probable inscription de la Corée du Nord sur la liste des "soutiens du terrorisme"
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Déterminés à isoler la Corée du Nord pour qu'elle renonce à ses ambitions nucléaires, les Etats-Unis pourraient prochainement l'inscrire sur leur liste noire des "Etats soutenant le terrorisme", une mise au ban symbolique réservée à leurs pires ennemis. - Quand? - Donald Trump prendra sa décision "à la fin de sa tournée" en Asie, a fait savoir mercredi la porte-parole du président américain, actuellement en Chine après le Japon et la Corée du Sud avec un message-clé: isoler Pyongyang, sous la pression des sanctions et de la menace militaire. L'administration envisage depuis le printemps de remettre le régime de Kim Jong-Un sur la liste noire. Mais le calendrier s'est accéléré sous l'impulsion du Congrès: dans une loi du 2 août, les parlementaires américains avaient donné au secrétaire d'Etat Rex Tillerson 90 jours pour trancher. La date-butoir est passée, la semaine dernière, sans aucune annonce. Le chef de la diplomatie et le président "veulent avoir des discussions fructueuses avec leurs alliés et partenaires dans la région" avant de se prononcer, justifie une responsable du département d'Etat. - Quelle utilité? - La liste américaine des Etats "soutenant le terrorisme" ne contient à ce jour que trois pays: l'Iran et la Syrie, deux des principales bêtes noires des Etats-Unis, ainsi que le Soudan, qui rentre toutefois progressivement dans les bonnes grâces de Washington. La Corée du Nord y avait d'abord été inscrite en 1988, pour son implication présumée dans l'attentat à la bombe contre un avion sud-coréen qui avait fait 115 morts l'année précédente. Mais en 2008, l'administration républicaine de George W. Bush l'avait retirée pour favoriser les négociations sur le nucléaire -- qui ont finalement capoté. La désigner à nouveau "permettrait à l'administration Trump de dire plus clairement aux autres pays que maintenir des échanges commerciaux avec Pyongyang signifie aider un Etat qui soutient le terrorisme", plaide Anthony Ruggiero, spécialiste des sanctions au sein du groupe de pression conservateur Foundation for Defense of Democracies. Cela ouvrirait la voie à de nouvelles mesures punitives unilatérales, y compris contre des personnes ou pays en affaires avec la Corée du Nord. Une arme supplémentaire dans la campagne de sanctions américaine et une nouvelle mise en garde adressée à Pékin, principal partenaire des Nord-Coréens, appelé par Donald Trump à redoubler de vigueur pour leur tordre le bras. - Quelle décision? - Les indices vont dans le sens d'un retour sur la liste noire. "Un régime qui tue quelqu'un dans un aéroport en utilisant un agent neurotoxique et un despote qui tue son frère de cette manière, c'est clairement un acte de terrorisme", a affirmé la semaine dernière le conseiller à la sécurité nationale du président américain, le général H.R. McMaster. Il faisait référence à la mort de Kim Jong-Nam, demi-frère en disgrâce de Kim Jong-Un, en février en Malaisie -- l'un des principaux arguments des partisans d'un retour de Pyongyang sur cette liste noire. Séoul a immédiatement accusé Pyongyang qui a toujours démenti. "C'est l'un des incidents-clés que nous prenons en considération pour une éventuelle inscription sur la liste", qui doit répondre à plusieurs critères juridiques, confirme un responsable du département d'Etat. Ces dernières semaines, des parlementaires républicains et démocrates ont accentué la pression sur le chef de la diplomatie. Malgré les engagements qui avaient justifié la fin de cette appellation, "le régime nord-coréen a montré, ces neuf dernières années, son mépris pour les normes et accords internationaux, relançant le développement d'armes nucléaires", relèvent douze sénateurs dans une récente lettre bipartisane à Rex Tillerson. Sénateurs et députés invoquent, outre le meurtre de Kim Jong-Nam, "la détention illégitime, le mauvais traitement meurtrier et la mort tragique d'Otto Warmbier", l'étudiant américain décédé en juin après son rapatriement dans le coma. Donald Trump a accusé Pyongyang de l'avoir "torturé". "Le régime a aussi poursuivi les ventes d'armes et le transfert de technologies sensibles à d'autres Etats soutenant le terrorisme, dont l'Iran, la Syrie et le Soudan", et a multiplié les cyberattaques, insistent les parlementaires.
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