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La SPA dépose plainte pour porter l'estocade à la corrida

Au nom des taureaux en quelque sorte, la SPA porte plainte contre les organisateurs de corridas en France pour "actes de cruauté".

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La SPA dépose plainte pour porter l'estocade à la corrida

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La Société Protectrice des Animaux change de stratégie pour essayer de taper plus fort sur l’organisation des corridas en France. Fini les campagnes de sensibilisation, les pétitions, place à la plainte déposée devant le procureur de Paris pour “sévices graves et actes de cruauté” envers les taureaux, et même les chevaux utilisés parfois dans l’arène. Les premiers visés sont les toreros, les organisateurs de corridas et les municipalités qui reçoivent.

La SPA s’appuie d’abord sur le Code civil qui, depuis 2015, donne un statut aux animaux, les reconnaissant comme “des êtres vivants doués de sensibilité”. Ensuite, elle souhaite mettre en cause devant la justice les actes perpétrés durant une corrida, de la mutilation du taureau jusqu‘à sa mise à mort : cette cruauté, selon l’article 521-1 du Code pénal, est passible de deux ans de prison et de 30 000 euros d’amende, mais attention à l’exception, est-il spécifié, “des courses de taureaux et des combats de coqs lorsqu’une tradition locale ininterrompue peut être invoquée”.


En attendant des citations directes devant la justice

Actuellement, dix départements du sud de la France mettent justement en avant cette sorte “d’exception culturelle”. Alors, le combat est loin d‘être gagné, même si le secrétaire général de la SPA, Eric Gaftarnik, n’est autre qu’avocat au barreau de Paris. Pour lui, c’est clair, la corrida n’est pas une simple course de taureaux et il compte s’engouffrer dans la brèche de l’interprétation de la loi.

Me Gaftarnik a indiqué que la plainte n‘était qu’une première étape, d’autres actions judiciaires devraient suivre, par exemple des citations directes. “Nous attaquerons directement les organisateurs de corridas lorsqu’elles se produiront, à savoir les municipalités, les sociétés organisatrices, les toreros”, a-t-il expliqué.

Eric Gaftarnik aux côtés de Natacha Harry, la présidente de la SPA :


Une contre-offensive immédiate a été menée par l’Observatoire national des cultures taurines : son président, André Viard, estime que la Société Protectrice des Animaux tente de détourner l’attention car “la Cour des comptes ne cesse de lui demander d’améliorer les conditions d’accueil des animaux qu’elle prend en charge (…) et de rendre sa gestion plus transparente”. Il rappelle que le Conseil constitutionnel, qui avait eu à trancher en 2012, avait jugé que les corridas organisées dans le sud de la France étaient conformes à la Constitution.