DERNIERE MINUTE

DERNIERE MINUTE

Asgardia, la “nation de l’espace” officiellement en orbite

Depuis ce dimanche, Asgardia est une réalité

Vous lisez:

Asgardia, la “nation de l’espace” officiellement en orbite

Taille du texte Aa Aa

Un nouveau satellite tourne au-dessus de nous. De la taille d’une brique de lait, Asgardia-1 n’est pas des plus conventionnels. Et effet, la mission de ce nanosatellite est de donner corps à un projet : celui de créer la première “nation de l’espace”.

Dimanche 12 octobre, avec un jour de retard, une fusée Antares de la compagnie américaine Orbital ATK a décollé de la base de la Nasa de Wallop Flight Facility, en Virginie aux Etats-Unis. Sa mission principale était de lancer le cargo Sygnus, chargé de ravitailler la station spatiale internationale. Plus de trois tonnes de matériel, de nourriture ont été ainsi acheminées vers l’ISS, où la capsule de ravitaillement s’est arrimée mardi 14 octobre.


Cygnus a également embarqué dans ses bagages une dizaine de cubesats, un type de nanosatellite dont le poids n’excède pas 10 kg. Ces derniers seront mis en orbite depuis la cargo spatiale ou l’ISS. Et parmi ces petits appareils, dédiés pour la plupart à la recherche, Asgardia-1 dénote. Il est la première concrétisation d’une idée un peu folle.


C’est en octobre 2016 que le projet Asgardia voit le jour. Lancé à l’initiative du scientifique d’origine russe Igor Ashurbeyli, l’idée est de créer la première nation localisée dans l’espace. Dès le départ, une plateforme a été créée en ligne pour recruter les futurs citoyens de cette nation dont le nom s’inspire de la mythique cité d‘Ásgard, où régnait le dieu nordique Odin. A ce jour, plus de 100 000 Asgardiens se sont manifestés. Une opération de financement participatif a était mise en place pour financer la construction du fameux Asgardia-1. Cet objectif a été rapidement atteint.

Ce satellite, “premier territoire spatial d’Asgardia“ mesure 10 cm sur 20 cm et pèse un peu plus de 2kg. Il embarque un disque dur de 500 Mo dans lequel ont été chargés, le drapeau, le blason et la constitution de la nation spatiale auto-proclamée. Si Asgardia-1 est effectivement en orbite à 400 km au-dessus de nos têtes depuis ce dimanche, il n’est pas encore opérationnel. L’appareil n’a pas été libéré de son “dock” sur le cargo Sygnus. Son activation et sa mise en en orbite auront lieu courant décembre. Et lorsque cela sera fait, les données préalablement enregistrées sur le portail d’Asgardia par ses citoyens seront ensuite “uploadées” dans la mémoire du satellite. Ainsi, symboliquement, les habitants d’Asgardia prendront possession de leur nouveau lieu de résidence. Dépêchez-vous, il est toujours possible de prendre part à l’aventure.

Des actions sont également en cours sur Terre. Des émissaires d’Asgardia sont en train de plaider leur cause auprès des Nations unies pour faire reconnaître leur État. Asgardia prévoit d’organiser des élections pour élire son gouvernement. En outre, la nation s’est dotée de nombreux attributs comme une banque centrale, une administration ou un bureau des procureurs. Des passeports et des cartes d’identité sont aussi à l‘étude.


Le drapeau d’Asgardia

L’essence d’Asgardia est, selon ses créateurs, “de promouvoir la paix dans l’espace et d’éviter que les conflits ayant cours sur Terre n’affectent l’espace. Et à (très) long terme, la finalité du projet sera de construire une station spatiale pour accueillir les citoyens de la nation spatiale.


Mais avant que ce scénario ne devienne réalité, Asgardia devra surmonter un obstacle de taille : le traité international de l’espace ratifié en 1967. En effet, car selon l’article deux du texte, “l’espace extra-atmosphérique, y compris la Lune et les autres corps célestes, ne peut faire l’objet d’appropriation nationale par proclamation de souveraineté, ni par voie d’utilisation ou d’occupation, ni par aucun autre moyen”. Les avocats asgardiens sont déjà à la manœuvre.