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Rohingyas: Tillerson contre des sanctions américaines "pour l'heure"

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Rohingyas: Tillerson contre des sanctions américaines "pour l'heure"

Rohingyas: Tillerson contre des sanctions américaines "pour l'heure"
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Au côté de la dirigeante birmane Aung San Suu Kyi, le secrétaire d'Etat américain Rex Tillerson s'est dit opposé mercredi à des sanctions contre la Birmanie, mais a réclamé une enquête "crédible" sur les accusations de nettoyage ethnique des musulmans rohingyas par l'armée. Depuis fin août, la Birmanie est dans la tourmente, accusée par les Nations unies d'"épuration ethnique" de cette minorité qui vit dans l'ouest du pays. La prix Nobel de la paix Aung San Suu Kyi s'est défendue pour sa part d'"être restée silencieuse" sur ce drame alors qu'elle est critiquée sur la scène internationale pour son manque d'empathie envers cette minorité persécutée. En réponse à des attaques de la rébellion rohingya, l'armée birmane mène dans l'Etat Rakhine (ouest) une campagne de représailles. Les plus de 600.000 réfugiés partis depuis fin août au Bangladesh, dont la moitié sont des enfants, ont témoigné d'exactions, viols ou meurtres de la part des soldats birmans, accusés de vouloir vider la région des musulmans. Depuis, certains pays et les organisations de défense des droits de l'homme ont appelé à imposer de nouvelles sanctions à la Birmanie, qui a longtemps été isolée sur la scène internationale en réponse à la dictature militaire. "Des sanctions économiques globales ne sont pas quelque chose que je recommanderais pour l'heure", a expliqué le secrétaire d'Etat américain après ses rencontres, séparées, avec la dirigeante Aung San Suu Kyi et le chef de l'armée birmane. Jusqu'ici, les Etats-Unis, comme d'autres pays occidentaux, ont seulement renforcé quelques mesures punitives contre l'armée birmane. Se disant "inquiet des informations crédibles d'atrocités commises à grande échelle par l'armée et des milices", il a appelé à la mise en place d'une commission d'enquête indépendante qui "serait utile à tout le monde". Des milices bouddhistes ultra-nationalistes sont accusées de seconder l'armée dans ses exactions. "Nous savons que ce qui s'est passé en Etat Rakhine présente plusieurs caractéristiques de crimes contre l'humanité. Quant à savoir s'il s'agit d'un nettoyage ethnique, nous continuons à évaluer" la situation, a-t-il encore déclaré. Les Rohingyas représentent la plus grande population apatride du monde depuis que la nationalité birmane leur a été retirée en 1982, sous le régime militaire. Victimes de discriminations, ils n'ont pas de papiers d'identité, ne peuvent pas voyager ou se marier sans autorisation. Et ils n'ont accès ni au marché du travail ni aux services publics comme les écoles et hôpitaux. - 'Rendre des comptes' - "Les récentes et sérieuses accusations d'abus en Etat Rakhine exigent une enquête impartiale et crédible. Et ceux qui commettent des violations des droits de l'homme doivent rendre des comptes", a affirmé M. Tillerson. Dans un rapport récent, l'armée qui affirme avoir mené sa propre enquête interne, a rejeté les accusations d'exactions. Soucieux de préserver le gouvernement civil, Rex Tillerson a réitéré le soutien des Etats-Unis à la dirigeante birmane qui doit faire face à une "situation qui n'est pas simple". "Nous voulons que la Birmanie réussisse", a-t-il affirmé. Face à lui, Aung San Suu Kyi, qui n'a cessé depuis le début de la crise de demander du temps pour gérer un dossier très complexe, a loué "l'ouverture d'esprit" de Tillerson, "une chose très rare de nos jours". Les Etats-Unis, comme la majorité des pays occidentaux, tentent de préserver un équilibre qui complique leur action. Depuis le début de la crise, ils prennent soin de ne pas blâmer Aung San Suu Kyi, faisant la distinction entre le gouvernement civil de la prix Nobel de la paix et les militaires. Elle doit composer avec une armée qui est à la manœuvre sur le terrain et sur laquelle elle n'a pas réellement de pouvoir et une opinion publique largement xénophobe et antimusulmane. Arrivée au pouvoir après un triomphe lors des premières élections libres depuis des décennies, la dirigeante birmane n'a pas la main sur certains ministères cruciaux - Intérieur, Défense et Frontières - toujours dirigés par l'armée birmane.
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