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Le Beaujolais nouveau, un produit de luxe à l'étranger

Rencontre avec Sylvain Donjon, vigneron dans le Beaujolais

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Le Beaujolais nouveau, un produit de luxe à l'étranger

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Chaque année, la sortie du Beaujolais nouveau est célébré le troisième jeudi de novembre. C’est un vin jeune, un primeur, produit par 2 000 producteurs de vin du Beaujolais.
Andrea Büring est allée à la rencontre de l’un d’entre eux : Sylvain Donjon.
Ses six hectares de vignes sont sur le territoire de Beaujeu, en plein coeur de la région viticole qui a su gagner sa renommée, le Beaujolais…

Cette année, Sylvain Donjon a récolté de quoi produire 1 200 bouteilles de Beaujolais nouveau, il devrait les écouler sans problème d’autant plus que les vignes ont souffert en France et que la production est en baisse.
Le Beaujolais nouveau, c’est une success story, et même si, après la folie des années 80, les ventes ne cessent de reculer depuis une quinzaine d’années, il s’est tout de même vendu 25,2 millions de bouteilles en 2016.

C’est un vin très facile, très goulayant. C’est l’image en France que l’on s’en donne. A l‘étranger, le Beaujolais nouveau a une grande notoriété. Il s’en est vendu des millions de bouteilles. Et il s’en vend encore. Et les gens attendent ce moment-là, comme un moment festif.

L’an dernier, 40 % de la production des Beaujolais nouveaux s’est exportée. Premier client, le Japon (25 %), viennent ensuite les Etats-Unis (20 %), la Grande-Bretagne (17 %) et dans une moindre mesure, le Canada (11 %).

On est très bien appréciés aux Etats-Unis, car on fait un type de vin qui plaît aux consommateurs américains. Cela les change de leurs vins à eux qu’ils produisent en Californie. Ils ont des vins très charpentés, mais noirs, limite un peu sucrés.

En France, les bouteilles de Beaujolais nouveaux sont vendues entre 2 et 10 euros. Au Japon, elles peuvent dépasser les 25 euros, c’est un produit de luxe. La communication massive autour du Beaujolais depuis 1975 contribue largement à son succès. Et dès 1985, le choix d’une date de sortie par exemple a permis de créer un événement marketing. Les amateurs de vins jouent le jeu et aiment célébrer ce Beaujolais nouveau, mais l’abandonnent assez vite, une erreur pour notre producteur :

Le gros, la grosse vente du Beaujolais s’effectue dans la semaine, les 15 jours qui suivent le déblocage du Beaujolais nouveau. A notre grand dam, car à Noël, il est largement aussi bon, voire meilleur. Et on est victime de notre succès, de notre marketing qui fait qu’on a l’impression que si on ne le boit pas le bon jour, on ne peut plus le boire le lendemain.

Alors, 2017, cru exceptionnel ou pas ? A vous de le découvrir … avec modération.



Et pour l’anecdote … cette découverte :


Sandrine Delorme