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Sur fond de Brexit, l'UE affiche son visage social face aux eurosceptiques

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Sur fond de Brexit, l'UE affiche son visage social face aux eurosceptiques

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Les dirigeants de l'UE, réunis vendredi à Göteborg, veulent mettre en avant les priorités sociales d'une Europe en pleine reprise économique afin de mieux combattre le populisme et l'euroscepticisme, un sommet auquel s'invite la question épineuse du Brexit. "Nous avons le devoir de faire plus dans un domaine central appelé la dimension sociale", ont proclamé le président français Emmanuel Macron et le Premier ministre suédois Stefan Löfven, dans une tribune commune publiée jeudi dans le quotidien de référence suédois Dagens Nyheter. La Suède est, avec la Commission européenne, co-organisatrice de ce "sommet social" auquel participent 25 des 28 chefs d'Etat et de gouvernement de l'UE, ainsi que les dirigeants des institutions européennes et des partenaires sociaux. "Il faut des moyens pour créer davantage d'emplois, s'assurer que chacun ait accès au savoir nécessaire pour pourvoir les nouveaux emplois et établir des conditions de travail justes sans baisse de salaires", ont plaidé dans leur tribune le Suédois et le Français qui, pour la sauver, se veut le chantre d'une Europe qui "protège". Selon un haut fonctionnaire européen, "la dimension sociale progresse en ce moment en Europe, parce que, dans tous les pays, les gouvernements nationaux ont à combattre des tendances populistes chez eux". Grande absente à Göteborg (ouest de la Suède): la chancelière allemande Angela Merkel, en pleines négociations pour former un nouveau gouvernement de coalition. "L'important, c'est qu'elle (Mme Merkel) arrive à un bon résultat. Nous avons besoin d'une Allemagne forte en Europe pour continuer les réformes", a estimé ce haut fonctionnaire. En revanche, la Première ministre britannique Theresa May sera de la partie, même si son pays, qui s'apprête à quitter l'UE le 29 mars 2019, a toujours été farouchement opposé à une trop grande implication de l'Union dans le domaine social. "C'est très bien qu'elle soit là. Dans ses discours, elle met d'ailleurs beaucoup plus qu'avant l'accent sur la politique sociale", a commenté cette même source. Point d'orgue du sommet: la signature par les 28 Etats membres d'une grande déclaration contre le dumping social, baptisée "Socle européen des droits sociaux", certes sans portée légale mais censée au moins donner un signal aux peuples que les plus démunis d'entre eux ne sont pas oubliés. - Droits sociaux - Trois dirigeants européens vont parapher ce texte au nom de tous les autres: le président de la Commission Jean-Claude Juncker, celui du Parlement européen Antonio Tajani et le Premier ministre estonien Juri Ratas, dont le pays assure la présidence tournante de l'Union. "À Göteborg, nous viserons à ancrer fermement dans l'Union européenne les valeurs et les priorités essentielles telles qu'une croissance inclusive, des conditions de travail équitables et un dialogue social solide. C'est ce que les citoyens européens attendent de nous", ont affirmé M. Juncker et son hôte suédois dans une autre tribune publiée vendredi par le quotidien français Le Figaro. La déclaration de Göteborg égrène vingt principes et droits supposés être respectés sur tout le continent européen, comme le droit à l'enseignement et à l'orientation professionnelle, l'égalité des chances et de traitement notamment entre hommes et femmes. Elle fait aussi mention de "salaires minimum appropriés devant être garantis, à un niveau permettant de satisfaire aux besoins du travailleur et de sa famille compte tenu des conditions économiques et sociales du pays, tout en sauvegardant l’accès à l’emploi et les incitations à chercher un emploi". Un salaire minimum européen n'est toutefois pas pour demain, tant les écarts sont grands entre les États de l'UE aux niveaux de vie encore très disparates. En marge du sommet social, le président du Conseil européen Donald Tusk rencontrera à la mi-journée Theresa May pour lui dire qu'il reste "encore du travail" avant de lancer des discussions sur la future relation commerciale de l'UE avec le Royaume-Uni après le Brexit. Pour les 27 membres de l'UE, cette deuxième phase de négociations -- que Londres souhaite ouvrir rapidement -- ne peut commencer qu'une fois que des "progrès significatifs" auront été enregistrés sur trois dossiers prioritaires: le règlement financier du Brexit, le sort des droits des expatriés européens et britanniques après le divorce, et les conséquences de la séparation pour l'Irlande.
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