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Après Rawa, le "califat" ne régentera plus la vie des Irakiens

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Après Rawa, le "califat" ne régentera plus la vie des Irakiens

Après Rawa, le "califat" ne régentera plus la vie des Irakiens
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"Etat islamique - Province de l'Euphrate": sous une couche de sable, les panneaux du groupe Etat islamique (EI) racontent une administration disparue. C'est dans la localité de Rawa, que le "califat", ses "provinces" et ses "ministères" ont rendu leur dernier souffle en Irak. Cette bourgade enserrée dans l'une des boucles du fleuve Euphrate, au beau milieu du désert, était la dernière localité contrôlée par les jihadistes en Irak. Elle a été reprise vendredi par les forces irakiennes qui ont trouvé des habitants aux vies bouleversées par le "règne" brutal de l'EI. Hamza Mahmoud, 13 ans, a ainsi quatre années de retard à rattraper à l'école. Depuis l'arrivée des jihadistes en 2014 dans Rawa, il n'a pas pu faire une seule rentrée scolaire. Son quotidien d'enfant, déjà chamboulé par cette école buissonnière forcée, a été pendant plus de trois ans rythmé par les décisions, les interdits et autres activités imposées par les jihadistes de l'EI et leurs "diwan", ces ministères des premiers temps de l'islam, et autres "wilayas", ces provinces du "califat" redessinées à cheval sur la Syrie et l'Irak. Régulièrement, les 20.000 habitants de Rawa et des hameaux environnants devaient se rendre au préfabriqué situé à l'entrée de la localité aux rues battues par les vents et couvertes de sable. Comme le proclame le panneau qui le surmonte, ici se dressait un "point d'information". Les dernières attaques menées par l'EI, ses prises de nouveaux territoires, les faits d'armes en tout genre du groupe ultraviolent y étaient annoncés à la population. Si les jihadistes ne contrôlent plus aujourd'hui que des zones désertiques où quasiment personne ne vit, leur "califat" autoproclamé s'étendait sur près d'un tiers de l'Irak en 2014. Du temps de l'EI tout puissant à Rawa, les règles étaient aussi rappelées aux habitants au "point d'information", relatent-ils. - '20 coups de fouet' - "Les hommes devaient avoir de longues barbes et porter des robes traditionnelles, mais au-dessus de la cheville, sous peine de vingt coups de fouet", raconte Hamza, gilet jaune fluo frappé d'un écusson de l'équipe de foot d'Italie. "Pendant plus de trois ans, ils nous ont privés d'électricité, de téléphone et de télévision", soupire Aref Aïd, 67 ans, barbe et jellaba blanche. Vendredi, les troupes gouvernementales --appuyées par des combattants des tribus locales-- ont reconquis Rawa en quelques heures. La "libération" s'est faite sans grand combat, après la désertion des jihadistes. Plusieurs jours avant l'entrée des troupes, le maire, Hussein Ali, affirmait à l'AFP que des convois entiers de combattants jihadistes quittaient Rawa en direction de la frontière syrienne où l'EI, bien qu'en net recul, tient encore des territoires. Ils fuyaient les raids de la coalition internationale antijihadistes emmenée par les Etats-Unis. Les frappes aériennes s'étaient récemment intensifiées en prévision de l'entrée des chars et de l'artillerie. Derrière eux, les membres de l'EI ont laissé, comme partout où ils s'étaient installés, leurs ateliers d'artificiers pour fabriquer en série bombes et autres véhicules piégés. Aujourd'hui, ces ateliers ne sont plus qu'un tas de ruines, écrasés par les bombardements aériens. Ailleurs, d'énormes cratères sont toujours béants entre les constructions traditionnelles en pierre accrochées au flanc des roches surplombant l'Euphrate. - Sunnites contre l'EI - Mais au-delà des dégâts matériels, d'autres plaies restent ouvertes dans l'immense province d'Al-Anbar, peuplée uniquement de sunnites dans un pays, l'Irak, à majorité chiite. Parce que cette province désertique, qui s'étend de la frontière syrienne aux environs de Bagdad, a de longue date été un bastion des groupes extrémistes qui se sont succédé en Irak depuis des années, les habitants se disent aujourd'hui montrés du doigt. "Ils ont dit de nous que les gens d'ici étaient avec l'EI, mais c'est l'exact contraire", s'emporte Aref. "Si on était avec l'EI, on ne serait pas restés" à l'arrivée des troupes gouvernementales, assure-t-il. D'ailleurs, lors de l'offensive sur le bastion d'al-Anbar, les forces irakiennes, dominées par les chiites, se sont adjointes les services des unités paramilitaires du Hachd al-Achaïri, des combattants des tribus sunnites des environs qui se sont ligués contre l'EI. "Nous avons gagné à Rawa", assure, foulard bédouin sur la tête et sourire aux lèvres, Mohammed al-Jougheifi, l'un de ces combattants. "Et si jamais il y a d'autres batailles à mener contre l'EI, nous sommes prêts".
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