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Dopage/cyclisme: Bernard Sainz, alias "docteur Mabuse", placé en garde à vue

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Dopage/cyclisme: Bernard Sainz, alias "docteur Mabuse", placé en garde à vue

Dopage/cyclisme: Bernard Sainz, alias "docteur Mabuse", placé en garde à vue
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Il a toujours nié avec aplomb être le "gourou" de cyclistes dopés: Bernard Sainz, alias le docteur Mabuse, a été arrêté lundi dans l'Orne dans le cadre d'une enquête ouverte à Paris après une émission tournée en caméra cachée. Cet homme de 74 ans, déjà condamné, qui n'est pas médecin mais se présente comme un "spécialiste des médecines douces", a été placé en garde à vue après avoir été interpellé à son domicile, à Almenêches, ont indiqué à l'AFP des sources proches de l'enquête. Coureur cycliste amateur dans les années 1960, Bernard Sainz s'est fait connaître en devenant directeur sportif adjoint d'une équipe professionnelle de premier plan (Fagor-Mercier puis Gan-Mercier), dont les vedettes étaient le légendaire Raymond Poulidor et Cyrille Guimard, l'actuel sélectionneur de l'équipe de France. Au fil des années, il se reconvertit dans les soins aux sportifs et aux chevaux. Il devient "Docteur Mabuse", le surnom ambigu qui fait référence au personnage machiavélique et insaisissable popularisé par le cinéaste Fritz Lang. Son arrestation mardi fait suite à l'ouverture le 10 février à Paris d'une information judiciaire après la diffusion d'un reportage télévisé de l'émission Cash investigation diffusé en 2016, tourné en caméra cachée, le montrant en train de donner des protocoles de dopage à des cyclistes. Le reportage du magazine de France 2 avait été réalisé en collaboration avec Le Monde. Celui qui fut le coach de plusieurs dizaines de champions français est aujourd'hui soupçonné notamment d'exercice illégal de la médecine, incitation à l'usage de substances interdites, aide à l'utilisation de substances interdites aux sportifs. Les témoignages et pièces recueillis par les journalistes de France 2 et le Monde semblaient en effet accablants. Dans le reportage on voyait et entendait distinctement le "praticien" conseiller à ses "patients" la prise d'EPO (érythropoïétine) et de clenbutérol, un anabolisant utilisé pour les chevaux. Autant de preuves niées par l'intéressé, devant les caméras de "Cash Investigation". "Je n'ai jamais encouragé le dopage et je le condamne fermement", insiste cet homme à la silhouette discrète et replète dans le reportage. L'aplomb est le même devant les juges, comme l'a montré son dernier procès, en juillet, en correctionnelle à Caen dans une affaire de dopage dans le monde du cyclisme amateur et semi-professionnel. - "Très rémunérateur" - "J'ai cette caricature diabolique de dopeur. Mais qu'est ce qu'il y a de concret? Rien", déclarait alors à la barre Bernard Sainz, arrivé au tribunal avec une valise "Movistar team" à la main. "Soit vous n'avez rien fait, soit vous êtes très malin", avait rétorqué le président du tribunal Christophe Subts avant de le condamner en septembre à neuf mois de prison ferme pour incitation au dopage. Le parquet avait souligné au passage le caractère "très rémunérateur" des activités du prévenu. Bernard Sainz a fait appel depuis, a précisé lundi à l'AFP son avocat durant le procès de Caen Stéphane Mesones. L'avocat assurait lundi matin ne pas avoir connaissance de l'arrestation de Bernard Sainz. Accusé, lors du procès de juillet, par l'avocate d'une des prévenus d'être le "gourou" d'un coureur dopé, Bernard Sainz, avait répondu qu'il refusait de soigner les coureurs qui se dopent. "Si on parle sur Sainz, on est grillé", avait de son côté affirmé à la barre un prévenu, cycliste dopé repenti, Fabien Taillefer. Bernard Sainz a en outre été condamné en 2014 par la cour d'appel de Paris à deux ans de prison dont vingt mois avec sursis, notamment pour incitation au dopage et exercice illégal de la médecine en 1998. En 2013, la cour d'appel de Caen l'a elle condamné à 3.000 euros d'amende pour exercice illégal de la médecine et travail dissimulé dans une affaire liée à des pratiques de dopage de chevaux. pta-sde-jm-clc/jlv /gf
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