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Ce que l’on sait du sous-marin argentin disparu

Toujours pas de nouvelle des 44 membres d'équipage du San Juan disparus il y a pratiquement une semaine.

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Ce que l’on sait du sous-marin argentin disparu

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Où se trouve le sous-marin de la marine argentine ARA San Juan ? Ce bâtiment et ses 44 membres d’équipage sont portés disparus depuis le 15 novembre dans l’Atlantique sud. Les recherches se poursuivent sans aucune piste précise. Le point sur la situation.

  • De quel sous-marin s’agit-il ?

Le sous-marin ARA San Juan (S42) est sorti en 1983 du chantier naval Thyssen Nordseewerke à Emden en République fédérale d’Allemagne. La marine argentine a pris possession de ce navire submersible en novembre 1985. Propulsé par quatre groupes diesel et/ou un groupe électrique, le San Juan peut atteindre 25 nœuds (45 km/h) en plongée et 15 nœuds (27 km/h) en surface. Il peut atteindre 300 mètres de profondeur et son rayon d’action est de 22 000 km. Côté armement, il est équipé de 22 torpilles. En 2007 et 2014, il a été rénové pour prolonger sa vie pendant encore trois décennies. La marine argentine possède un autre sous-marin du même type TR 1700, le “Santa Cruz” en service depuis 1982.


Selon des experts consultés par le journal argentin Clarín, ce navire est très polyvalent. Il serait le meilleur navire de la marine argentine. En outre, il peut, théoriquement, se mouvoir et communiquer en cas d’avarie grave. Deux radeaux de sauvetage sont présents dans le bâtiment, l’un à l’avant et l’autre à l’arrière.

  • Où a-t-il disparu exactement ?

Le San Juan a quitté le lundi 13 novembre depuis la base navale d’Ushuaia en Patagonie. Il devait rejoindre son port d’attache à Mar del Plata, à 400 km au sud de Buenos Aires. Il a disparu à mi-chemin deux jours plus tard, à la hauteur du golfe de San Jorge et à 430 km des côtes de la Patagonie.


  • Comment se déroulent les opérations de recherche ?

La Marine argentine a indiqué qu’elle ne savait pas si le sous-marin était immergé ou s’il dérivait à la surface. Elle ne sait pas non plus si les moyens de communication et propulsion du submersible étaient encore opérationnels. Les gouvernements du Chili, des États-Unis et du Royaume-Uni ont offert un soutien logistique à Buenos Aires. Un navire de la compagnie pétrolière française Total a été également mis à la disposition des opérations de recherche. L’Argentine a dépêché une dizaine de navires et d’avion. Et selon sa marine, plus de 80% de la zone où pourrait se trouver le San Juan a été survolée, mais sans résultats.


Ces opérations ont également pâti des conditions météorologiques qui ont touché cette zone. Après des jours de tempête et une mer déchaînée avec des vagues de cinq à huit mètres, une amélioration est attendue pour ce mardi.

  • Comment est composé l‘équipage ?

44 personnes se trouvent à bord du sous-marin. Une seule femme est présente dans l’équipage, le lieutenant Eliana María Krawczyk (en photo d’illustration).


Agée de 34 ans, elle a été la première officière affectée à un sous-marin en 70 ans d’histoire de la marine argentine. Elle fut même la première de toute l’Amérique du sud, lorsqu’elle a pris son service en 2012.

  • A quand remontent les dernières communications ?

La dernière communication a eu lieu le mercredi 17 novembre. Des bruits détectés samedi 18 et lundi 20 novembre ont donné des faux espoirs aux secours et aux familles. Sept appels avaient été en effet reçus par des bases navales argentines. Dans un premier temps considérés comme provenant du San Juan, la Marine a ensuite déclaré qu’ils ne correspondaient pas au téléphone satellitaire du sous-marin. Et ce lundi, les radars de deux navires avaient enregistré des bruits qui auraient pu provenir du San Juan. Mais, là-aussi, déception car selon le porte-parole de la Marine argentine, le capitaine Enrique Balbi. “l’empreinte acoustique ne correspond pas à celle d’un sous-marin. (…) Cela peut être un bruit biologique”. Toujours ce lundi, la marine argentine a révélé que le sous-marin avait signalé mercredi 15 novembre une avarie, “un problème de batteries, un court-circuit”, une information jusque là passée sous silence. Cette information n’a pas été considérée comme suffisamment grave pour déclencher une procédure d’urgence.

  • Combien de temps l‘équipage peut-il survivre ?

Si le San Juan dispose à son bord de vivres en réserve pour tenir 15 jours supplémentaires par rapport à la durée initiale de sa mission, la situation est plus préoccupante concernant ses réserves d’oxygène. En effet si l’équipage se trouve pris au piège en immersion complète, «sans renouvellement de l’air, la survie est de 7 jours», selon le porte-parole de la marine argentine Enrique Balbi. Le temps est donc compté, car une semaine s’est déjà pratiquement écoulée depuis la disparition du navire.