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Emmerson Mnangagwa succède à Robert Mugabe

Le nouveau président prend la tête d'un pays en ruine après 37 ans d'un règne sans partage.

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Emmerson Mnangagwa succède à Robert Mugabe

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Après 37 ans de règne sans partage, l‘ère Mugabe est désormais terminée au Zimbabwe. Vendredi au cour d’une cérémonie officielle et retransmise en direct à la télévision, le nouveau président Emmerson Mnangagwa a prêté serment devant des dizaines de milliers de partisans pleins d’espoir.


“Je jure qu’en tant que président de la République du Zimbabwe je serai loyal à la République du Zimbabwe et obéirai, soutiendrai et défendrai la Constitution et les lois du Zimbabwe”, a déclaré Emmerson Mnangagwa dans un stade bondé de Harare, la capitale.

Si l’ordre constitutionnel du pays est rétabli, trois jours après la démission forcée – mais négociée – de Mugabe, le nouveau président, âgé de 75 ans, reprend les rênes d’un pays en ruine. L’activité économique tourne au ralenti, le chômage de masse fait des ravages, les habitants font face à une crise des liquidités sans parler des libertés fondamentales qui ont été trop longtemps bafouées.

Dans son premier discours, Emmerson Mnangagwa a promis de s’atteler rapidement à la tâche. «Nous voulons relancer notre économie, nous voulons des emplois», a-t-il lancé devant ses partisans, sans détailler son programme.

“J’espère des changements”, a expliqué Archiford Gwandiziva, un chômeur de 21 ans. “J’espère que nous allons retrouver la liberté de parole que nous avions perdu sous Mugabe, où nous étions arrêtés à la moindre critique du gouvernement”.

L’arrivée au pouvoir du nouveau président suscite de nombreuses inquiétudes. Fidèle parmi les fidèles du régime, Emmerson Mnangagwa, proche de la hiérarchie sécuritaire, plusieurs fois ministre, traîne derrière lui une réputation d’exécuteur des basses oeuvres répressives de l’ex-président Mugabe.

Plusieurs ONG ont rappelé le lourd bilan du régime: “des dizaines de milliers de personnes ont été torturées, ont disparu ou ont été tuées”, selon Amnesty International.


Le principal parti d’opposition, le Mouvement pour le changement démocratique (MDC), plaide pour un gouvernement d’union nationale jusqu’aux élections prévues en 2018.
“J’espère que le président Mnangagwa va démontrer que la nation a changé de direction”, a déclaré jeudi à l’AFP le chef du MDC Morgan Tsvangirai. “J’espère qu’il évitera de tomber dans la tentation de garder seul le pouvoir”.

Avec Agences