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Elections au Honduras, marquées par des craintes de fraude

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Elections au Honduras, marquées par des craintes de fraude

Elections au Honduras, marquées par des craintes de fraude
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Le Honduras a voté dimanche pour élire son président dans une atmosphère tendue, l'actuel chef de l'Etat Juan Orlando Hernandez, qui vise une réélection interdite par la Constitution, suscitant les critiques de ses adversaires et des craintes de fraude. Les bureaux de vote, officiellement clos à 16h00 heure locale (22h00 GMT), ont continué pendant une heure à recevoir les électeurs qui patientaient, a annoncé le Tribunal suprême électoral (TSE). Les premiers résultats sont attendus vers 19h30 (01h30 GMT lundi). "Nous avons constaté un processus (électoral) tranquille, l'évaluation que nous faisons jusqu'à présent est positive", a déclaré à des journalistes l'eurodéputée portugaise Marisa Matias, responsable de la mission des observateurs de l'Union européenne (UE). Pour l'heure, aucun incident n'a été relevé. Le gouvernement a déployé plus de 35.000 policiers et soldats dans tout le pays afin de garantir la sécurité du vote, a indiqué le ministre de la Sécurité, Julian Pacheco. Mais la décision de la Cour constitutionnelle d'autoriser la candidature de l'actuel président, M. Hernandez, alors que la Constitution interdit toute réélection, est dénoncée par l'opposition. Dans ce petit pays situé au cœur du "triangle de la mort" de l'Amérique centrale, miné par les gangs et la pauvreté et affichant un des plus forts taux d'homicide au monde, ces tensions risquent de rouvrir les blessures laissées par le coup d'Etat de 2009. Le président Manuel Zelaya avait alors été chassé du pouvoir par l'armée, soutenue par la droite et par le monde des affaires. - Trois favoris - A la première heure dimanche matin, le chef de l'Etat a voté dans sa ville natale de Gracias (ouest), accompagné de sa fille et de députés du parti au pouvoir, le Partido Nacional (PN, droite). "Quatre années de plus !", reprenaient en choeur ses partisans qui l'entouraient lors du vote. Arrivé au pouvoir en 2013 après des élections contestées par la gauche, Juan Orlando Hernandez, 49 ans, figure parmi les trois candidats, sur neuf, qui ont une chance de l'emporter lors de ce scrutin à un seul tour, selon les derniers sondages. Salvador Nasralla, 64 ans, journaliste de télévision novice en politique, est le candidat de la coalition de partis de gauche Alianza de Oposicion contra la Dictadura (Alliance de l'opposition contre la dictature). Luis Zelaya, 50 ans, du Partido Liberal (PL), l'autre formation de droite du pays, figure aussi dans le trio de tête. MM. Nasralla et Zelaya ont averti qu'ils ne reconnaîtraient pas une réélection du président Hernandez. Le candidat libéral, M. Zelaya, a voté dans la ville de Santa Lucia, près de la capitale Tegucigalpa, où il a déclaré qu'il s'agissait d'un "processus atypique avec une réélection illégale". M. Nasralla a visité plusieurs bureaux de vote de la capitale, et a appelé à rester vigilant sur de possibles irrégularités et à les dénoncer aux observateurs internationaux. - 16.000 observateurs - Dans le quartier de Nueva Suyapa à Tegucigalpa, José Cerrato, maçon de 69 ans, s'apprêtait à voter Hernandez dans l'école transformée en bureau de vote. "Je suis conscient de tout ce qu'a fait le gouvernement. La délinquance est un grand danger ici, tu sors de chez toi et tu ne sais pas si tu vas revenir. Mais avant c'était encore plus dangereux", a-t-il dit à l'AFP. Dans la même école, l'activiste et opposante de gauche Yamileth Gonzalez, candidate suppléante, dénonce le parti au pouvoir, qui a offert selon elle de la nourriture et de l'argent pour acheter des votes pour le président. Le Tribunal suprême électoral (TSE) assure que ces élections seront "les plus scrutées de l'histoire", avec la présence de 16.000 observateurs, dont 600 venus de l'Union Européenne (UE) et d'autres venus notamment de l'Organisation des Etats américains (OEA). Mais pour l'analyste politique Victor Meza, du Centre de documentation du Honduras, "il y a un climat de crispation". "Pour la première fois, ce n'est pas une lutte entre conservateurs et libéraux, mais entre une dictature et la démocratie". "La démocratie est en danger depuis que l'autoritarisme présidentiel a commencé à se renforcer", a-t-il ajouté.
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