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Chine: 5 ans de prison pour un militant taïwanais pro-démocratie

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Chine: 5 ans de prison pour un militant taïwanais pro-démocratie

Chine: 5 ans de prison pour un militant taïwanais pro-démocratie
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Un militant taïwanais pro-démocratie a été condamné mardi en Chine à cinq ans de prison pour "subversion", un verdict qualifié "d'inacceptable" par Taïwan et de parodie de justice par des associations de défense des droits de l'homme. Lunettes et chandail vert, Lee Ming-cheh, auteur d'articles critiques envers le Parti communiste chinois (PCC), a entendu le jugement calmement avant d'être emmené hors de l'audience par deux policiers, selon une vidéo mise en ligne par un tribunal intermédiaire de la province du Hunan (centre). Un co-inculpé de nationalité chinoise, Peng Yuhua, qui avait reçu ses articles, a été condamné à sept ans de prison. Les deux hommes ne feront pas appel, selon la cour. M. Lee est le premier ressortissant taïwanais à être condamné en vertu du code pénal chinois pour "subversion", a indiqué depuis Taipei l'association Judicial Reform Foundation, tandis que le gouvernement de l'île dénonçait le verdict. "Nous exhortons Pékin à libérer M. Lee et à lui permettre de retourner rapidement à Taïwan", a déclaré la présidence taïwanaise dans un communiqué. Lors d'une audience en septembre dernier, M. Lee avait reconnu avoir rédigé et diffusé les textes incriminés. "La télévision que je regarde dans ma prison m'a permis de comprendre mieux la Chine", avait-il assuré au tribunal, avant de conclure sur un ton contrit: "Je sais que je violais la loi chinoise (...) J'exprime ma culpabilité et mes regrets". - 'Payé le prix' - Cet employé d'une association de défense des droits de l'homme avait été arrêté en mars durant un voyage en Chine continentale. Ses proches étaient restés sans nouvelles de lui pendant des mois. "C'est un jugement absolument scandaleux", a réagi William Nee, spécialiste de la Chine pour l'association de défense des droits de l'homme Amnesty International. "Lee Ming-cheh ne devrait pas avoir à purger un seul jour de prison étant donné que tout ce qu'il a fait, à savoir discuter pacifiquement de l'actualité et de questions d'histoire, est expressément garanti par le droit international", a-t-il déclaré à l'AFP. La Chine continentale et Taïwan sont dirigés par des régimes rivaux depuis la fin de la guerre civile chinoise en 1949. L'île vit de façon autonome mais Pékin la considère toujours comme faisant partie du territoire chinois. Les relations entre les deux rives du détroit se sont dégradées depuis l'arrivée au pouvoir en mai 2016 à Taïwan de la présidente Tsai Ing-wen, Pékin rompant toute communication officielle avec l'île. Avant le procès de M. Lee, Pékin avait ignoré les demandes d'information du gouvernement taïwanais à son sujet. Son épouse, qui a pu assister à l'audience, a déclaré que son mari avait "payé le prix" de ses idéaux. Mais un ancien membre du Parlement taïwanais qui l'accompagnait a été expulsé à son arrivée sur le sol chinois. Le régime de Pékin ne montre aucun signe d'assouplissement depuis le congrès du PCC qui a reconduit dans ses fonctions le numéro un Xi Jinping en octobre. M. Xi a appelé à cette occasion à "s'opposer résolument à toute parole et action" de nature à saper l'autorité du Parti. Depuis, un avocat spécialisé dans la défense des droits de l'homme, Jiang Tianyong, a été condamné la semaine dernière à deux ans de prison pour "incitation à la subversion".
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