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Le bras armé du Hamas en travers de la voie vers l'unité palestinienne

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Le bras armé du Hamas en travers de la voie vers l'unité palestinienne

Le bras armé du Hamas en travers de la voie vers l'unité palestinienne
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Le visage encagoulé de noir, l'AK-47 à la main, les membres de la branche armée du Hamas sont devenus une présence familière dans la bande de Gaza, et pour beaucoup de monde, c'est bien le problème. A l'heure où les groupes palestiniens s'emploient à surmonter une décennie de divisions, la place faite au bras armé du mouvement islamiste Hamas, les Brigades Ezzedine al-Qassam, demeure l'une des hypothèques les plus sérieuses. En vertu d'un accord conclu le 12 octobre au Caire, le Hamas a accepté de transférer d'ici à vendredi à l'Autorité palestinienne internationalement reconnue le pouvoir qu'il exerce sans partage sur la bande de Gaza depuis qu'il en a évincé l'Autorité par la force en 2007. Isolé, le Hamas a fini par accepter le retour de l'Autorité sous l'effet de pressions multiples: la dégradation des conditions de vie dans l'enclave, aggravées par un sévère tour de vis financier donné par le président de l'Autorité, Mahmoud Abbas, les instances du grand voisin égyptien, et les déconvenues diplomatiques du Qatar, allié du Hamas. Mais, se posant en champion de la résistance contre Israël, le Hamas exclut obstinément de rendre les armes. Le président Abbas refuse que l'Autorité assume les responsabilités civiles, dans un contexte gazaoui très délicat, sans contrôler totalement la sécurité. L'Autorité se mettrait à tout moment à la merci d'un coup de force de la part d'un mouvement avec lequel elle était encore à couteaux tirés il y a quelques mois. - 'Ligne rouge' - Il n'acceptera pas "qu'on clone l'expérience du Hezbollah au Liban", où le mouvement chiite possède son propre agenda, a-t-il prévenu. "Les armes de la résistance forment une ligne rouge, ce n'est pas un sujet ouvert à la discussion", a répété lundi Khalil al-Hayya, haut responsable du Hamas. Les effectifs et la force de frappe d'al-Qassam sont un sujet de spéculations constant, le Hamas gardant le silence sur le sujet. L'effectif est estimé entre 20 et 25.000 hommes, la taille des forces d'active tchèques, selon des chiffres de la Banque mondiale. Avant la guerre dévastatrice de 2014, une analyse militaire israélienne estimait que les groupes armés palestiniens de Gaza disposaient d'environ 10.000 roquettes, dont 6.000 aux mains du Hamas. La plupart étaient des projectiles de courte et moyenne portées pouvant atteindre entre 20 et 45 km, selon cette analyse. Mais un certain nombre d'engins de longue portée pouvaient frapper jusqu'à 200 km, profondément en territoire israélien. Environ deux tiers des roquettes auraient été lancées pendant la guerre, dit Neri Zilber, un expert au Washington Institute for Near East Policy. Depuis, un arsenal d'environ 10.000 roquettes aurait été reconstitué, privilégiant les projectiles à courte portée, plus difficiles à intercepter pour le système antimissiles sophistiqué couvrant le territoire israélien, dit-il. Les groupes armés palestiniens posséderaient aussi des lance-roquettes, dont beaucoup auraient été introduits à Gaza par les tunnels sous la frontière égyptienne. Les armes sont une composante essentielle de l'idéologie et de la stratégie du Hamas. - 'Avec des fleurs' - La charte du mouvement islamiste rédigée en 1988 réclame la destruction d'Israël. Le Hamas a adopté en mai une nouvelle plateforme cherchant à atténuer le ton belliqueux de son texte fondateur, sans pour autant s'y substituer officiellement. Pour le Hamas, Israël demeure une "entité usurpatrice" et "illégale", et "la résistance et le Jihad pour la libération de la Palestine restent un droit légitime". "Quand Israël a occupé la Palestine, il n'est pas arrivé avec des fleurs", dit l'universitaire gazaoui Assad Abou Shark. "Nous devons avoir des armes pour nous défendre". Le Hamas, avec ses alliés, a livré trois guerres à Israël dans la bande de Gaza depuis 2008. Israël et le Hamas observent depuis 2014 un cessez-le-feu tendu de part et d'autre de la barrière de sécurité qui enferme la bande de Gaza sur ses frontières israéliennes. Israël reste en état d'alerte constant. La cessation des hostilités est régulièrement ébranlée par des confrontations menaçant à tout moment de déraper. Israël, redoutant les attaques souterraines, a fait exploser fin octobre un tunnel partant de Gaza. Douze membres de groupes armés palestiniens ont été tués, faisant craindre des représailles susceptibles de torpiller le processus politique en cours. La différence fondamentale vis-à-vis d'Israël entre le Hamas et l'Autorité, interlocutrice du gouvernement israélien, obère davantage la réconciliation. A fortiori quand l'homme fort du Hamas, Yahya Sinouar, ancien commandant des Qassam, proclame, que l'Iran, autre grand ennemi d'Israël, est "le principal soutien" des "Brigades". C'était en août, avant l'accord interpalestinien de réconciliation.
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