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La Géorgie se voit en maillon essentiel des Routes de la Soie

Sur les Routes de la Soie imaginées par la Chine, la Géorgie veut développer son économie en devenant partie prenante de leur tracé le plus court.

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La Géorgie se voit en maillon essentiel des Routes de la Soie

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Plus de 2000 participants venus du monde entier ont participé fin novembre 2017 à Tbilissi, à un forum international sur les nouvelles Routes de la Soie, un vaste projet lancé par la Chine qui vise à rapprocher Europe et Asie. Le rôle joué par la Géorgie, c’est le thème de cette édition de Focus.

Ressusciter la Route de la Soie, c’est le grand projet de la Chine et la Géorgie compte bien être de la partie. Elle l’a montré récemment à Tbilissi, lors d’un Forum dédié à ce programme lancé par Pékin qui intègre plus de 60 pays représentant un tiers du produit intérieur brut mondial.

La Géorgie se situant sur le tracé le plus court de ces nouvelles voies peut prétendre en devenir un maillon essentiel d’après ses autorités. “On estime que la route qui passe par les pays d’Asie centrale et le Caucase du Sud peut être très compétitive, indique le Premier ministre géorgien Giorgi Kvirikashvili. La Géorgie qui est un pays avec l’un des meilleurs climats pour les affaires – pas uniquement dans cette région, mais à travers le monde – a la capacité de devenir une plateforme logistique, commerciale et de transit pour cette région,” affirme-t-il.

Port à conteneurs en eau profonde, zone franche industrielle

La Géorgie fournira des caravanes des temps modernes et les infrastructures adéquates. D’ici 2020, une nouvelle autoroute de 185 km Est-Ouest sera construite. Au bord de la mer noire, “Anaklia” sera le premier port à conteneurs en eau profonde du pays et accueillera des chargements de grande valeur. Sa capacité totale atteindra les 100 millions de tonnes.

Ketevan Bochorishvili, PDG de JSC Anaklia City qui développe d’une zone économique spéciale à côté du port, l’assure : “Nous sommes prêts pour démarrer la construction à la fin de cette année ; donc en 2020, nous aurons fini la première phase du port et en 2021, nous assurerons la réception officielle des navires Panamax et Post-Panamax."

La Géorgie et la Chine ont signé lors du Forum, un protocole d’accord sur la coopération pour le développement des zones économiques. De quoi faciliter d’après Tbilissi, l’implication d’investisseurs chinois sur des projets importants comme la future zone franche industrielle d’Anaklia.

“Nous avons un accord de libre-échange avec la Chine et en même temps, avec l’Union européenne, avec les pays de la Communauté des Etats indépendants (CEI) et avec la Turquie, explique Dimitry Kumsishvili, premier vice-Premier ministre géorgien et ministre géorgien de l‘Économie et du Développement durable. Grâce à notre économie ouverte et à cet accès aux grands marchés par le biais de ces accords, nous pouvons attirer des investisseurs dans notre pays,” estime-t-il.

Absence de barrières commerciales

La Géorgie est le seul pays de la région à disposer de ces accords avec l’Union européenne et la Chine, les deux extrêmités des nouvelles Routes de la Soie.
Cette absence de barrières commerciales est l’un des atouts de ce pays d’après un expert. “En ce qui concerne la corruption, la Géorgie figure parmi les pays les moins corrompus au monde et il y a aussi ce climat propice au commerce, fait remarquer Anil Gupta de l’Université du Maryland (États-Unis). Donc je crois que la Géorgie a globalement, le bon profil pour attirer les investissements étrangers,” renchérit-il.

La nouvelle ligne ferroviaire Bakou-Tbilissi-Kars via l’Azerbaïdjan, la Géorgie et la Turquie a été inaugurée en octobre. Cette variante raccourcie des Routes de la Soie permet d’acheminer du fret entre la Chine et l’Europe avec un temps de trajet divisé par trois.

Pour l’Europe aussi, ce vaste projet présente de nombreux avantages selon le directeur général de la Mobilité et des Transports à la Commission européenne. “Il est évident que nous allons en bénéficier, cela crée de l’activité économique, souligne Henrik Hololei. Nous espérons que cela génèrera plus de commerce, que cela incitera plus de personnes à voyager : je crois que c’est dans l’intérêt de l’Europe, de la Chine également, mais aussi de tous les pays qui se trouvent sur cette Route,” dit-il.

Encourager le commerce géorgien

Le projet devrait aussi avoir pour effet, d’encourager le développement des activités géorgiennes. Kakhetian, une grande entreprise viticole traditionnelle, exporte déjà, chaque année, 10 millions de bouteilles vers l’Europe, la Chine et les pays de la CEI. Les nouvelles Routes de la Soie ouvriront de très nombreuses opportunités d’après son PDG Zurab Chkhaidze.

“Il y a l’Europe d’un côté, l’Asie de l’autre et la petite Géorgie au milieu : je crois que cela marquera le début d’une nouvelle économie, cette Route nous donnera la possibilité de changer de dimension en termes de logistique,” déclare-t-il.

La Géorgie compte bien faire de l’une des Routes de la Soie sur laquelle elle se trouve, l’une des plus compétitives du projet.