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Sommet One Planet sur le climat : "on est en train de perdre la bataille"

Emmanuel Macron s'est fait lanceur d'alerte ce mardi à Paris. Mais le sommet One Planet, deux ans après l'accord de Paris, a vu plusieurs engagements concrets être formulés pour lutter contre le réchauffement climatique.

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Sommet One Planet sur le climat : "on est en train de perdre la bataille"

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Deux ans après l'accord de Paris, quelques mois après la décision de Donald Trump de le laisser tomber, un sommet sur le climat avait lieu jusqu'à ce mardi soir à Paris à l'initiative du président français. Emmanuel Macron avait invité pour l'occasion plusieurs parrains de la lutte contre le réchauffement climatique, Bill Gates, Richard Branson, Arnold Schwarzenegger...

L'alerte

"On est en train de perdre la bataille, a lancé Emmanuel Macron. Alors, ceux qui étaient là avant nous pouvaient dire "on ne savait pas". Et c'était vrai. Depuis une vingtaine d'années quand-même, on sait, et on sait à chaque fois un peu plus. Quand je dis qu'on est en train de perdre la bataille, je veux que vous preniez conscience que derrière moi il y a des chefs d'Etat et de gouvernement. Dans cinquante, cent ans, il y en a cinq, dix, quinze, qui ne seront plus là, tout simplement".

Et parmi ceux qui ne seront plus là, en tous cas les plus menacés, il y a le Premier ministre fidjien Frank Bainimarama, qui a déclaré que relever ou non le "défi" du changement climatique ferait "la différence entre la vie ou la mort de millions de personnes vulnérables à travers le monde".

L'ancien gouverneur de Californie et acteur Arnold Schwarzenegger a pris la parole et défendu les Etats-Unis.... qu'il faut, selon lui sur la question du climat, différencier du président américain : "Et donc quand vous entendez dire que les Etats-Unis sont sortis de l'accord de Paris, n'y faites pas attention. Les Etats-Unis ne sont pas sortis de l'accord de Paris. Donald Trump a fait sortir Donald Trump de l'accord de Paris".

#paris #toureiffel #nofilter #oneplanet #iloveparis

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Les engagements

Plusieurs engagement concrets ont été annoncés par les pays présents mais aussi par des entreprises et institutions participantes au sommet.

Parmi les plus notables, l'annonce de la Banque Mondiale qu'elle arrêterait de financer après 2019 l'exploration et l'exploitation de pétrole et de gaz. Elle est la première banque multilatérale à prendre un tel engagement. En 2016, ses financements dans l'industrie pétrolière et gazière ont représenté près d'1,6 milliard de dollars, soit moins de 5% de la totalité des fonds accordés.

L'assureur Axa a annoncé qu'il renonçait à assurer et à investir dans toute entreprise engagée dans la construction de centrales à charbon. Le groupe français compte aussi retirer près de 2,5 milliards d'euros d'investissements dans le secteur.

La banque néerlandaise ING s'est engagée à "accélérer la baisse" des financements des centrales à charbon. D'ici à 2025, elle ne financera plus que les producteurs d'électricité utilisant moins de 5% de charbon et arrêtera de financer directement les projets de centrales à charbon.

La fondation Bill Gates va consacrer 315 millions de dollars à la recherche en agriculture pour aider les plus pauvres, notamment en Afrique, à s'adapter au changement climatique. La Commission européenne mobilisera elle 318 millions de dollars pour cet objectif.

L'Agence française de développement (AFD) a signé, dans le cadre d'un dispositif de 30 millions d'euros sur quatre ans, des accords avec l'île Maurice, les Comores, le Niger et la Tunisie, pour les accompagner dans l'adaptation aux impacts des dérèglements (systèmes d'alerte, lutte contre l'érosion...).

237 entreprises se sont engagées à améliorer leur prise en compte du risque climatique dans leurs activités. Parmi elles, vingt des plus importantes banques et 80% des gestionnaires d'actifs, comme HSBC ou l'assureur AXA.

Elles comptent publier "leur stratégie pour gérer les risques climatiques mais aussi pour saisir les opportunités" qu'offre la lutte contre le réchauffement.

Un groupement de plus de 200 grands investisseurs, dont HSBC et le plus gros fonds de pension public américain (CalPERS), a décidé de mettre la pression sur 100 entreprises parmi les plus polluantes, pour qu'elles améliorent leur gouvernance sur le climat, réduisent leurs émissions et renforcent la publication de leurs informations financières relatives au climat.

La liste des cent entreprises visées ("ClimateAction 100+"), comprend de grands groupes pétroliers et gaziers (BP, Chevron, Coal India...), des acteurs du secteur des transports (Airbus, Ford, Volkswagen...), et des groupes miniers et sidérurgiques (ArcelorMittal, Glencore...).

Pendant cinq ans, ces 225 investisseurs, qui représentent 26.300 mds de dollars d'actifs sous gestion, vont suivre de près ces entreprises. Si elles font des progrès, elles pourront être retirées de la liste.

Le président de l'OCDE a annoncé le lancement d'une initiative baptisée "Paris Collaborative on Green Budgeting", à laquelle la France et le Mexique vont adhérer, et qui doit contribuer à l'élaboration de méthodologies pour établir des "budgets nationaux +verts+".

Norvège, Emirats arabes unis, Arabie saoudite, Qatar, Koweit et Nouvelle-Zélande lancent, à l'initiative de la France, une coalition de fonds souverains pour flécher des financements vers l'action climatique.

Le Premier ministre belge Charles Michel a annoncé que son pays émettrait l'an prochain une obligation verte souveraine de 5 milliards d'euros, devenant ainsi le deuxième pays de la zone euro après la France à agir de la sorte.

Avec AFP