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Real-Barça: les cinq clasicos les plus politiques

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Real-Barça: les cinq clasicos les plus politiques

Real-Barça: les cinq clasicos les plus politiques
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Le duel au sommet entre le Real Madrid et Barcelone samedi en Championnat d’Espagne prend une coloration particulière au vu du calendrier: placé deux jours après les élections de jeudi en Catalogne, ce match rejoint une longue série de clasicos teintés de politique.

. Le plus trouble

En juin 1943, l’ambiance est irrespirable en demi-finale de Coupe du Roi, alors appelée Coupe du Généralissime. Vainqueur 3-0 à l’aller, le Barça est inexplicablement pulvérisé 11-1 au match retour sur le terrain du Real. Etant donnée l’atmosphère trouble et controversée de l’après-guerre civile en Espagne (1936-1939), certains historiens évoquent des menaces préalables de la police contre les joueurs barcelonais, cibles par la suite d’injures et de jets de pierres.

. Le plus fondateur

Avec la question du transfert d’Alfredo Di Stéfano dans les années 1950, la rivalité entre Barça et Real prend corps et acquiert une véritable dimension politique. L’Argentin aurait pu jouer à Barcelone mais la “Maison blanche” arrache le génial attaquant, avec un coup de pouce de la fédération espagnole, dépendante du régime franquiste (1939-1975). Le premier clasico de Di Stefano, le 25 octobre 1953, est amer pour Barcelone (défaite 5-0), avec un doublé de l’attaquant.

. Le plus policier

En Espagne, on l‘évoque encore comme “la nuit de Guruceta”, du nom de l’arbitre de ce quart de finale retour de Coupe le 6 juin 1970. Battu 2-0 à l’aller, le Barça mène 1-0 au Camp Nou quand l’homme en noir siffle un penalty peu évident en faveur du Real. Dans les tribunes, c’est l’indignation puis la colère: les coussins pleuvent des gradins, le terrain est envahi et la police charge les supporters. Le malheureux José Emilio Guruceta est contraint de suspendre la rencontre sur le score de 1-1.

. Le plus libérateur

Le 28 décembre 1975, l’Espagne a changé d‘ère. Le général Francisco Franco, à la tête du régime pendant près de 40 ans, est mort le mois précédent. Et le premier clasico sans le vieux dictateur a des airs de libération au Camp Nou: pour la première fois depuis des décennies, les supporters du Barça peuvent déployer sans crainte des drapeaux catalans en tribune. Les compositions des deux équipes sont d’ailleurs annoncées au micro en langue catalane. Et une banderole “Amnistie, liberté et statut d’autonomie” est déployée dans les gradins, avant d‘être rapidement retirée par la police. Dans cette atmosphère de fête, le Barça bat le Real 2-1 avec un but à la 89e minute.

. Le plus revendicatif

La première démonstration de force des indépendantistes catalans remonte au 11 septembre 2012, jour d’une manifestation monstre organisée pour la “Diada”, la fête de la Catalogne. Moins d’un mois plus tard, les supporters du Barça s’en font l‘écho lors du clasico disputé le 7 octobre 2012 (2-2): une vaste mosaïque est déployée en tribune avant la rencontre pour représenter un drapeau catalan. Et à la 17e minute et 14 secondes de jeu, rappel de la chute de Barcelone devant les troupes du roi d’Espagne Philippe V en 1714, une bonne partie des 96.500 spectateurs du Camp Nou entonne ce cri: “Indépendance!”

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