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Dimitris Avramopoulos :"la solidarité ne pourra jamais être à la carte"

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Dimitris Avramopoulos :"la solidarité ne pourra jamais être à la carte"

Dimitris Avramopoulos :"la solidarité ne pourra jamais être à la carte"
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La politique migratoire divise profondément l’Union européenne. La réponse adoptée par les institutions pour faire face aux arrivées massives de réfugiés en 2015 laisse toujours des traces. Au cœur des tensions se trouve le système de relocalisation des demandeurs d’asile arrivés en Grèce et en Italie. Réunis dans le groupe de Visegrad, la Hongrie, la Slovaquie, la Pologne et la République tchèque ne veulent pas accueillir de migrants. En revanche ces pays se disent prêts par solidarité à débloquer une enveloppe de 35 millions d’euros.
Ils pourraient trouver auprès du nouveau chancelier autrichien un allié de circonstance. Le chrétien-démocrate Sebastian Kurz est à la tête d’un gouvernement formé avec l’aide de l’extrême droite.
Euronews a interrogé le Commissaire européen chargé de la Migration, Dimitris Avramopoulos.

Euronews :
“L’Autriche a désormais un nouveau gouvernement, en coalition avec l’extrême droite. Etes-vous inquiet?”

Dimitris Avramopoulos :
“Je commencerai d’abord en disant que l’Autriche est une grande nation. Une nation démocratique et une nation pro-européenne. Je ne pense pas que cette coalition changera la direction européenne de l’Autriche. Il est vrai que lorsque l’on a ce genre d’alliance, il y a une sorte de bras-de-fer, pour savoir qui va l’emporter sur l’autre. Mais les valeurs de la démocratie autrichiennes sont fortes.”

Euronews :
“Il semble que le nouveau chancelier, Sebastian Kurz, soit plus proche de Donald Tusk à propos des quotas obligatoire et de sa politique migratoire, qui se trouve être votre portefeuille. Qu’est-ce que cela signifie? D’autant plus que l’Autriche aura la présidence de l’Union en 2018.”

Dimitris Avramopoulos :
“Personne n’a jamais parlé de quota en Europe. Ce mot ne fait pas partie de notre vocabulaire. Il a été écrit dans les journaux. Ce qui a été décidé il y a deux ans et demi à Luxembourg par tous les Etats membres de ce Conseil, c’est d’avancer ensemble, unis et c’est là où nous avons adopté ce système de relocalisation. Très rapidement nous avons constaté le refus de trois pays membres qui proposaient des contributions alternatives. Mais cela n’a pas été accepté parce que, et je veux être clair, la solidarité ne pourra jamais être à la carte.”

Euronews :
“Les Etats membres ont maintenant six mois pour évoquer le système de Dublin, et que faire avec ces quotas obligatoires? Comment envisager un compromis quand on voit ces divisions entre l’Est et l’Ouest?”

Dimitris Avramopoulos : “Le nouveau système de Dublin doit être plus juste et plus équilibré. L’effort ne doit pas porter sur les épaules des pays en première ligne comme l’Espagne, l’Italie, la Grèce et même la Bulgarie. Ils évoquent tous un partage de l’effort. Je dirais un partage des responsabilités.”

Euronews :
“Est-ce que des sanctions sont envisagées dans ce nouveau Dublin pour les pays qui ne respecteraient pas les règles?”

Dimitris Avramopoulos :
“Pour le moment la décision finale est prise par un accord de tous les Etats membres, sa mise en œuvre sera ensuite obligatoire.”

Euronews :
“Revenons à cette question des sanctions. Il y a eu des propositions financières comme payer 250 000 euros en cas de non-respect des quotas. Qu’en pensez-vous?”

Dimitris Avramopoulos :
“C‘était une idée. Elle est obsolète, elle n’existe plus. Elle a été évoquée il y a deux ans. Mais il faut être sérieux. Ce n’est pas une question d’infliger des amendes. L’Europe existe parce qu’il y a eu un accord historique il y a 60 ans. L’Europe continuera à exister tant que cet accord tiendra. Et dans ce processus nous devons mettre de côté soit nos positions politiques et parfois dans certains cas l’intérêt de nos pays. Nous devons travailler, penser comme une famille, de façon européenne.”