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Boris Johnson à Moscou pour tenter d'amorcer une reprise du dialogue

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Boris Johnson à Moscou pour tenter d'amorcer une reprise du dialogue

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Le chef de la diplomatie britannique Boris Johnson est attendu vendredi à Moscou, où il doit s’entretenir avec son homologue russe Sergueï Lavrov pour tenter d’amorcer une reprise du dialogue après des années de tensions.

Il s’agit de la première visite d’un ministre britannique depuis plus de cinq ans, signe de l‘état catastrophique des rapports entre les deux capitales, plombées par la mort de l’ex-agent russe Alexandre Litvinenko en 2006 à Londres et plus récemment par le conflit syrien et la crise ukrainienne.

Selon Londres, les deux hommes évoqueront notamment l’accord nucléaire iranien, la Corée du Nord ou encore le Mondial-2018 de football prévu en Russie. Mais M. Johnson entend faire passer le message que “la relation avec la Russie ne peut être comme si de rien était“.

Le chef de la diplomatie britannique intimera ainsi à Moscou de “cesser ses activités déstabilisatrices, qui menacent la sécurité du Royaume-Uni et de ses alliés”, selon un communiqué du Foreign Office.

“Il est vital pour la sécurité internationale que nous nous parlions, car les conséquences d’une mauvaise communication et d’une mauvaise compréhension mutuelle sont graves”, a déclaré M. Johnson, cité dans le communiqué, reprochant au Kremlin de “positionner la Russie en opposition directe avec les Occidentaux”.

La porte-parole du ministère russe des Affaires étrangères, Maria Zakharova, a de son côté indiqué que MM. Lavrov et Johnson chercheront “des voies pour normaliser les relations” et pour “intensifier la coopération” entre les deux pays.

“Il y aura également un échange d’idées autour des questions internationales actuelles”, a-t-elle ajouté, qualifiant la venue de M. Johnson en Russie de “nouvelle attendue de longue date”.

- Pas de relance –

Les vues des deux capitales s’opposent notamment sur l’Ukraine, où Londres accuse Moscou de soutenir les séparatistes prorusses dans l’Est, et sur la Syrie, où la Russie se voit reprocher son soutien sans failles au régime de Damas.

Une précédente visite de Boris Johnson en Russie, prévue en avril, avait ainsi été annulée à la dernière minute par Londres en raison de “la défense continue par la Russie du régime de Bachar al-Assad” en Syrie, notamment après l’attaque chimique de Khan Cheikhoun, imputée à Damas par les Occidentaux.

“Je ne pense pas une seule seconde que les relations avec la Russie peuvent faire l’objet d’un redémarrage”, comme celui tenté en 2009 par le président américain Barack Obama, a déclaré M. Johnson mercredi à l’agence de presse polonaise PAP.

Connu pour son franc-parler, Boris Johnson, alors qu’il était maire conservateur de Londres, avait qualifié en 2015 Vladimir Poutine de “tyran manipulateur et impitoyable” et comparé le président russe à Dobby, un elfe de la saga “Harry Potter”.

Il avait également à l’occasion comparé la Russie à la cité antique de Sparte: “fermée, vilaine, militariste et antidémocratique”.

- Actes ‘hostiles’ –

En novembre encore, la Première ministre britannique Theresa May avait dénoncé des actes “hostiles” de la Russie, citant la crise ukrainienne ou encore les campagnes de “cyber-espionnage” et l’“ingérence” lors de processus électoraux.

La Première ministre britannique et le président russe s‘étaient rencontrés en septembre 2016 en marge d’un sommet du G20 en Chine, au terme duquel le Kremlin s‘était dit prêt à “rétablir entièrement les relations et le dialogue dans tous les domaines”.

“La rupture du dialogue avec la Russie a été le choix de Londres, et c’est un choix absolument déraisonnable et inopportun”, a souligné jeudi Mme Zakharova.

Avant la Syrie et l’Ukraine, les relations entre la Grande-Bretagne et la Russie avaient déjà été assombries ces dernières années par l’enquête sur la mort par empoisonnement à Londres en 2006 de l’ex-agent des services spéciaux russes Alexandre Litvinenko, devenu opposant au président Vladimir Poutine.

Un enquête publique britannique, dénoncée comme une “blague” par Moscou, avait estimé “probable” que l’assassinat du transfuge russe ait été ordonné par Vladimir Poutine.

Les responsables britanniques s’en sont également pris à plusieurs reprises à la chaîne de télévision russe RT et à l’agence de presse Sputnik, deux “armes” accusées de relayer la propagande du Kremlin à l‘étranger.

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