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Biathlon: Justine Braisaz ne veut rien précipiter

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Biathlon: Justine Braisaz ne veut rien précipiter

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Propulsée sur le devant de la scène à 21 ans après un début de saison canon, Justine Braisaz ne veut pourtant rien changer à ses habitudes ou se mettre une pression inutile à l’heure de reprendre la Coupe du monde de biathlon, jeudi à Oberhof, à un peu plus d’un mois des JO d’hiver (9-25 février à Pyeongchang).

La biathlète des Saisies est bien consciente d’avoir suscité beaucoup d’espoirs après la première victoire de sa carrière mi-décembre au Grand-Bornand (mass start). Un succès qui n’a fait que confirmer son énorme potentiel, déjà entrevu à Ostersund en ouverture du circuit (deux 2e places). Mais pas question pour autant de fanfaronner pour celle qui occupe désormais la 2e position au classement général de la Coupe du monde derrière la Slovaque Anastasia Kuzmina. Se laisser griser par les éloges ou les récompenses n’est pas vraiment le genre de la maison.

“Mes ambitions restent les mêmes, a-t-elle déclaré à l’AFP. La coupure de 15 jours après le Grand-Bornand m’a permis de ne pas m’emballer et de prendre un peu de recul. La pression est redescendue. Maintenant, je sais ce qui va fonctionner en course, de quels outils j’ai besoin pour me faire plaisir sur la piste et la performance en découlera forcément. Je n’ai pas envie de promettre des choses. Trop me projeter inhibe complètement le plaisir que j’ai dans ce sport.”

Sa prestation au Grand-Bornand, Braisaz la définit plutôt comme “un cap franchi” et un “déclic psychologique”. Une sorte de passage obligé mais pas encore l’assurance de jouer à armes égales avec les cadors du circuit.

- ‘L’impression de grandir’ –

“J’avais besoin de valider certains points, a-t-elle expliqué. J’avais du mal à m’affirmer. Là, j’ai l’impression de grandir, pas seulement en tant que sportive. J’ai l’impression de maîtriser le sujet beaucoup plus que les autres années. C’est comme un adolescent qui entre dans le monde des adultes.”

Celle qui n’arpente la Coupe du monde que depuis trois ans et amène par sa fraîcheur et son franc-parler “un petit grain de folie” dans le groupe France, selon sa coéquipière Anaïs Bescond, va bientôt découvrir un autre univers, celui des Jeux Olympiques, avec, qui plus est, une sacrée étiquette dans le dos. Mais là aussi, la meilleure chance de médaille du biathlon féminin français ne veut surtout pas tirer de plans sur la comète.

“Je ne les ai jamais vécus et je ne me rappelle même pas les avoir regardés à la télé, a-t-elle avoué. Donc c’est difficile pour moi d’imaginer quoi que ce soit. J’ai des objectifs de résultats mais l’environnement va changer et je ne sais pas à quoi m’attendre.”

L’encadrement de l‘équipe de France observe de son côté avec gourmandise l‘éclosion de la fille d’agriculteurs des Saisies mais avec la ferme volonté de la préserver et de ne pas lui faire porter un fardeau encore trop lourd.

- ‘Elle a tout ce qu’il faut’ –

“Elle a pris conscience de certaines choses en début de saison, a analysé pour l’AFP Julien Robert, l’entraîneur des Bleues. Elle s’est complètement plantée au tir lors de la course d’avant-saison à Sjusjoen (Norvège) et elle l’a mal vécu. Celui lui a servi de leçon. Justine, elle a tout ce qu’il faut, il faut juste qu’elle trouve le relâchement et la sérénité nécessaires.”

Le technicien pointe du doigt un temps au tir encore trop long et un “manque de maturité dans la gestion de course”, tout en louant sa “farouche envie de réussir et de rendre une belle copie, au-delà du résultat”.

En attendant d’attaquer 2018, c’est à la ferme familiale que Justine Braisaz a passé les 15 derniers jours pour couper avec la compétition, se ressourcer et “reprendre un cours de vie normal”. Garder les pieds sur terre: telle est la recette magique de Justine Braisaz pour continuer à grandir.

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