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Lactalis : le scandale du lait pour bébé va-t-il contaminer l'Europe ?

Des dizaines de millions de boîtes de lait infantile interdites ont été potentiellement exportées vers 65 pays, selon le président de l'association des familles des victimes du lait contaminé à la salmonelle.

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Lactalis : le scandale du lait pour bébé va-t-il contaminer l'Europe ?

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Des bébés ont-ils été contaminés sans le savoir à l'échelle mondiale ? 

Le gouvernement français parle de dysfonctionnement majeur dans la gestion du scandale Lactalis. Il va relancer l'alerte dans les pharmacies et les hôpitaux et demander de nouveaux contrôles de la répression des fraudes, mais le président de l'association des familles des victimes du lait contaminé aux salmonelles, Quentin Guillemain, veut aussi lancer l'alerte dans pas moins de 65 pays ! 

Sa fillette - alors âgée de trois mois et allergique aux protéines de lait de vache - avait consommé en décembre un produit de substitution rappelé par le groupe pour un risque de contamination. Elle n'est pas tombée malade, contrairement à des dizaines d'autres, mais il a été l'un des premiers à se lancer dans la bataille pour connaître la vérité en portant plainte. Plainte qui a débouché sur une enquête préliminaire du Parquet de Paris pour "blessures involontaires" et "mise en danger d'autrui" fin décembre.

"Il faut savoir que ces produits sont distribués dans le monde entier et là on parle de 65 pays, donc il faut savoir où sont ces boîtes de lait infantiles, alerte-t-il dans une interview qu'il nous a accordé. Parce qu'on parle de plusieurs millions de boîtes, des dizaines de millions de boîtes et aujourd'hui, on ne sait pas où elles sont. Et donc, je voudrais dire à vos téléspectateurs et notamment ceux qui ne sont pas Français, qui ne vivent pas le scandale au quotidien, de ne pas consommer ce lait. Si vous avez ce type de lait - on peut les nommer - ils sont de marques Picot, Milumel, on vous conseille de ne pas les consommer, parce qu' il y a vraiment un danger pour la santé de l'enfant."

*"Il y a eu un premier décret sur les 620 premiers lots retirés de la vente, un décret de Bruno Le Maire interdisant l'exportation de ces 620 premiers lots, mais les 720 lots qui ont ensuite été interdits en France n'ont fait l'objet d'aucun décret d'interdiction d'exportation, donc ça veut dire qu'ils continuent potentiellement à être exportés", s'insurge Quentin Guillemain. *

"Et nous demanderons aussi au gouvernement où sont ces dizaines de millions de boîtes (on n'en connaît d'ailleurs même pas exactement le nombre) parce qu'il ne faut pas qu'on continue de le vendre à l'étranger sous prétexte que c'est un peu moins le scandale à l'étranger ! Il va falloir qu'on sache où sont ces boîtes, si elles ont bien été détruites, si elles ont vraiment été récupérées, et si on a vraiment informé les consommateurs des autres pays que ces boîtes étaient potentiellement contaminées. "

Le gouvernement a beau réclamer des explications aux distributeurs et avoir convoqué les représentants de la grande distribution à Bercy jeudi et Lactalis ce vendredi, pour ce père de famille en première ligne contre l'opacité qui entoure l'affaire, ce qui est regrettable, c'est que les familles elles-mêmes ne soient pas reçues malgré des demandes officielles. 

"Les familles veulent la vérité, insiste-t-il, au moment où l'on assiste encore à des propos contradictoires. Elles attendent non pas des indemnisations mais qu'un tel scandale ne se renouvelle pas. Et il y aura d'autres plaintes, notamment contre les grandes enseignes qui ont continué à vendre ces produits après l'alerte."

"On est dans un no man's land réglementaire et juridique, poursuit Quentin Guillemain. Personne n'est responsable. Peut-être faut-il que la réglementation évolue, peut-être faut-il une commission d'enquête parlementaire, mais il faut des actions."