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Dakar: en haute montagne, des pics de fatigue pour les pilotes

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Dakar: en haute montagne, des pics de fatigue pour les pilotes

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Après les dunes, les montagnes! A partir de jeudi, le Dakar gagne en altitude, jusqu‘à atteindre 4.800 mètres en Bolivie, à une hauteur où les pilotes, plus fatigués, ne “respirent qu’avec une narine.”

En se mariant cet été, le motard français Xavier De Soultrait (Yamaha) a pu se permettre une originalité en décembre: dormir chez lui dans une tente hermétique qui simule l’altitude, une technique bien connue des concurrents en vue des échéances dans la Cordillère des Andes.

“Je n’ai pas osé imposer ça à ma femme l’année avant le mariage”, rigole-t-il. “Je suis prêt maintenant, ça m’a beaucoup aidé.”

Alors que le parcours avait longé la côte Pacifique péruvienne depuis le départ de Lima samedi, avec beaucoup de désert au menu, la route du Dakar prend un grand virage à l’est jeudi, avec la montée sur La Paz, la capitale la plus haute du monde (3.600 m).

Après la journée de repos vendredi, le bivouac passera le week-end à Uyuni puis Tupiza, au-dessus de 4.000 m, avant d’entamer en Argentine la troisième et dernière partie du “tryptique andin” cher au patron du rallye-raid Etienne Lavigne.

“Notre pire concurrent, c’est le terrain”, explique Jean-Paul Cottret, le copilote du double tenant du titre Stéphane Peterhansel. Et l’altiplano bolivien regorge de pièges: “On va remonter dans des rios, dans des rivières asséchées qui sont des fois très accidentées avec beaucoup de cailloux. Il y a aussi la poussière…”

- Anticiper –

Dans ce contexte, l’altitude “essouffle la mécanique et les hommes” et augmente le risque d’accident, poursuit le Bourguignon, qui doit ainsi s’adapter: “Les réflexes ne sont pas du tout les mêmes, donc il faut anticiper. Je regarde deux, trois fois plutôt qu’une parce qu’avec l’altitude, on peut réagir un peu moins vite.”

Seul sur sa moto, De Soultrait a remarqué les mêmes signes de fatigue, comme “s’il ne respirait qu’avec une narine.”“C’est plus difficile, tu n’as plus beaucoup d‘énergie”, explique-t-il.

La montée en altitude peut également s’accompagner par un mal des montagnes dû au manque d’oxygène, dont les symptômes vont d’un sentiment d’essoufflement à des maux de tête ou des vomissements.

Dans ses grandes tentes blanches, la directrice médicale du Dakar Florence Pommerie dispose de caissons de décompression pour les plus atteints, même si ce n’est pas l’altitude qu’elle craint le plus: “On est plus inquiet pour la chaleur que pour le mal des montagnes. Je n’ai pas des alpinistes avec des sacs à dos! On n’est pas tout à fait dans des circonstances de déclenchement des choses gravissimes”, estime-t-elle.

Mais elle ne pourra rien face aux autres victimes de l’altitude: les véhicules, dont le moteur souffre de la raréfaction de l’oxygène. “En moto, il y a des calculateurs qui détectent notre altitude et qui en fonction de ça enrichissent la moto en air pour avoir plus d’oxygène”, décrit De Soultrait.

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