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Témoignage d'un résident de Tunis sur les troubles

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Témoignage d'un résident de Tunis sur les troubles

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Alors que des troubles ont lieu chaque nuit dans plusieurs villes de Tunisie depuis lundi, le bilan des arrestations s'élève à près de 780. La nuit de jeudi à vendredi a été plus calme, les autorités ayant déployé en masse les forces de sécurité pour contenir la contestation.

Le gouvernement parle de "vandalisme" et accuse les manifestants d'être manipulés par l'opposition, notamment par le Front populaire, un parti de gauche dont des responsables locaux ont été interpellés à Gafsa. Les manifestants, quant à eux, interpellent la coalition au pouvoir sur la hausse des prix et des impôts qu'ils disent intenable.

Pour en savoir plus sur la situation dans la capitale et les raisons de cette colère, nous avons joint un résident de Tunis. Ce trentaine, qui a voulu rester anonyme, est né et a vécu toute sa vie à Tunis. Il a connu l'ère Ben Ali avant le soulèvement de 2011 et pour lui, la situation sociale du pays n'est pas meilleure aujourd'hui. Le taux de chômage est de 15%, bien plus dans les régions défavorisées du centre et la déception est grande.

*"Sous Ben Ali, l'entourage du président volait les riches hommes d'affaires mais pas le peuple, assure-t-il. Maintenant, on vole le peuple. Le gaz, l'électricité, la nourriture, l'eau, la TVA, on paie trop pour tout cela. Les Tunisiens réclament du travail, au moins un emploi par famille parce que beaucoup de familles n'arrivent pas à vivre décemment. Ici, on ne fait rien avec une salaire de 1000 dinars (335 euros), et le minimum, c'est plutôt 400 ou 500 dinars."*

Pour autant, des casseurs sont bien à l'oeuvre et ils brouillent les revendications sociales, assure ce Tunisien.

"La nuit, des jeunes adolescents de 13 ou 15 ans sortent en groupe à Tunis, ils cherchent la bagarre avec les forces de l'ordre, ils déclenchent des incendies, commettent des vols, des pillages. On les paie pour semer le trouble. Mais ceux qui descendent dans la rue en journée portent vraiment ces revendications. Il ne faut pas les confondre."