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Venezuela: Oscar Pérez, l'acteur-policier qui s'est rebellé contre Maduro

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Venezuela: Oscar Pérez, l'acteur-policier qui s'est rebellé contre Maduro

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Ex-policier, plongeur de combat, pilote et acteur: le Vénézuélien Oscar Pérez, 36 ans, tué lors d’une opération de police, aimait jouer les héros à l‘écran comme dans la vie. Il s’est rendu célèbre en prenant les armes contre le pouvoir du président Nicolas Maduro.

Considéré comme le “criminel le plus recherché” du pays, Pérez, physique de mannequin au teint mat et grands yeux azur, avait marqué les esprits par un coup d‘éclat le 27 juin: il survole alors Caracas à bord d’un hélicoptère dérobé à la police.

Avec d’autres hommes armés, ils lancent quatre grenades sur le Tribunal suprême de justice (la Cour suprême vénézuélienne) et ouvrent le feu sur le ministère de l’Intérieur, sans faire de victimes. L’attaque surprise survient durant une vague de manifestations demandant la démission du président socialiste, au cours desquelles 125 personnes ont été tuées entre avril et juillet.

Oscar Pérez intrigue autant qu’il fascine. Dans ce pays très militarisé, il parvient à s’échapper après ce coup d‘éclat et multiplie ensuite les apparitions furtives en public ou via les réseaux sociaux.

Malgré des avis de recherches placardés dans le pays montrant son visage, il étonne en refaisant surface deux semaines après son opération en hélicoptère, lors d’un hommage à des opposants morts pendant les manifestations.

Il revient au premier plan en décembre, lorsqu’un commando dérobe 26 Kalashnikov et des munitions dans une garnison de la Garde nationale à Laguneta de La Montana (nord). Devant les caméras, il promet alors “une guerre” au gouvernement.

Habile communicant sur les réseau sociaux, cet ancien chef des opérations aériennes de la brigade d’actions spéciales de la police scientifique, diffusait régulièrement des vidéos sur les réseaux sociaux appelant la population et l’armée à se soulever contre le pouvoir de Nicolas Maduro.

Dans une vidéo avant l’assaut des forces de sécurité dans lequel lui, cinq hommes et une femme, ont été tués mardi, il demande “aux Vénézuéliens qu’ils ne baissent pas les bras, qu’ils luttent, qu’ils sortent dans les rues. Il est temps que nous soyons libres”.

Dans l’une de ses dernières apparitions, il a le visage ensanglanté, affirmant que lui et ses hommes ont proposé de se rendre mais qu’on veut les tuer.

- ‘Pas de réseau articulé’ –

Oscar Pérez a passé 16 ans dans la police scientifique. Selon M. Maduro, il fut durant un temps le pilote de l’ex-ministre de l’Intérieur et de la Justice, Miguel Rodriguez Torres, un général à la retraite qui a quitté ses fonctions en 2014 et a pris ses distances avec le gouvernement.

Il a aussi été instructeur canin, entraînant des chiots à détecter de la drogue et des explosifs.

“Je suis pilote d’hélicoptère, plongeur de combat et parachutiste libre. Je suis aussi père, camarade et acteur (…). Je suis un homme qui sort dans la rue sans savoir s’il va rentrer à la maison car la mort fait partie de l‘évolution”, avait déclaré Oscar Pérez au journal Panorama en 2015.

Il présentait alors le film “Mort suspendue” dont il est le héros. L’ex-policier est aussi coproducteur de ce long-métrage, inspiré d’une histoire vraie, l’enlèvement en 2012 d’un commerçant portugais, relâché 11 mois plus tard. Il y joue le même rôle que dans la vraie vie, celui d’un enquêteur de la police scientifique.

Dans plusieurs interviews qu’il accorde alors à la presse locale, c’est le fait d’entendre un enfant des rues dire qu’il voulait devenir un “chef de gang de délinquants emprisonnés – pour avoir de l’argent, des femmes et le respect du quartier” qui le décide à faire ce film.

“La tragédie d’Oscar Pérez est qu’il n’a été pris au sérieux qu’au moment de sa mort”, estime l’analyste Rocio San Miguel, en soulignant que les Vénézuéliens “se méfient les uns des autres”.

Mais “la zone choisie pour se cacher, les quelques actions réalisées en sept mois et l’absence d’hommes montant la garde ou répliquant à l’assaut (de la police) semblent indiquer qu’il n’existe pas de réseau articulé pour réaliser des actions terroristes ou faire chuter le gouvernement”, explique Mme San Miguel.

Oscar Pérez était père de trois enfants, partis avec leur mère vivre au Mexique.

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