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Human Rights Watch salue la "résistance" face aux populismes, sans baisser la garde

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Human Rights Watch salue la "résistance" face aux populismes, sans baisser la garde

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Résister aux populismes, c’est possible: sous le choc l’an dernier de l‘élection de Donald Trump, Human Rights Watch salue jeudi dans son rapport annuel la “contre-offensive” politique ou citoyenne à travers le monde. Sans baisser la garde face aux crises qui perdurent, du Yémen à la Birmanie.

“Il y a un an, alors que Donald Trump entrait à la Maison Blanche” aux Etats-Unis, “nous étions en plein désarroi”, se souvient le directeur exécutif de l’organisation américaine de défense des droits de l’Homme, Kenneth Roth, dans un entretien accordé à l’AFP. “On avait l’impression que les populistes autoritaires étaient en pleine ascension et qu’on ne pouvait rien faire pour les arrêter.”

Alors que son document de référence, qui passe en revue la situation dans plus de 90 pays, dresse habituellement le sombre inventaire des violations des droits de l’Homme à travers la planète, l’organisation non-gouvernementale a choisi cette année de mettre l’accent sur un constat optimiste.

L’action de “dirigeants politiques disposés à défendre les principes des droits humains”, “une mobilisation populaire” et “des acteurs multilatéraux efficaces” ont “démontré que la montée de gouvernements hostiles aux droits n’est pas inéluctable”, se réjouit Human Rights Watch (HRW) dans un communiqué.

Si la victoire du nouveau président américain était, aux yeux de l’ONG, la principale mauvaise nouvelle il y a un an, celle de son homologue français Emmanuel Macron est vue, dans le rapport 2018, comme “l’exemple le plus frappant du succès de la résistance au populisme xénophobe”.

Selon Kenneth Roth, il “a vraiment mené sa campagne en défendant la démocratie et a gagné largement face à une adversaire beaucoup plus intolérante et haineuse”, la candidate d’extrême droite Marine Le Pen — même si le bilan de ses premiers mois est jugé “mitigé” par les auteurs du rapport, qui épinglent des “pouvoirs antiterroristes abusifs” et “sa visite en Chine, où il a été très discret sur les droits humains”.

- ‘Atrocités massives’ –

“En Europe centrale, des gouvernements populistes autoritaires ont également rencontré des résistances”, populaires mais aussi en provenance de l’Union européenne, relève HRW en citant la Pologne et la Hongrie.

Le rapport évoque aussi la mobilisation dans la rue contre “les efforts du président Nicolas Maduro pour vider” la démocratie de sa “substance” au Venezuela, ou la “marche des femmes” aux Etats-Unis qui “s’est transformée en un phénomène mondial” pour les droits des femmes avant même la déferlante #MeToo contre le harcèlement sexuel.

Quant aux Etats-Unis de Donald Trump, “il y a eu une vague de résistance de la part de juges, dirigeants politiques, groupes citoyens, mais aussi de l’opinion en général”, s’enthousiasme Kenneth Roth. “Il a fait beaucoup de dégâts, mais ces dégâts ont été contenus, notamment ses efforts pour empêcher les musulmans d’entrer aux Etats-Unis, pour détricoter le droit à l’assurance santé”, ou encore “pour interdire aux transgenres de servir dans l’armée américaine”.

Le rapport ne contient toutefois pas que des bonnes nouvelles. “Certaines des principales puissances sur lesquelles on avait tendance à compter pour la promotion des droits de l’Homme se sont effacées”, déplore Kenneth Roth.

C’est là l’une des principales conséquences négatives de l’administration Trump, absente sur ce front sauf quand il s’agit de dénoncer ses “bêtes noires” comme l’Iran ou le Venezuela, estime-t-il, citant également le Royaume-Uni “trop préoccupé par le Brexit” pour jouer un rôle de premier plan.

“Leurs tergiversations ont créé un vide favorable à la poursuite, souvent incontrôlée, d’atrocités massives dans des pays comme le Yémen, la Syrie, la Birmanie et le Soudan du Sud”, énumère l’organisation, même si des “coalitions menées par des plus petits” (Pays-Bas, Liechtenstein, Islande…) ont parfois pu “faire la différence” en s’investissant dans certaines zones de crise.

En Autriche et aux Pays-Bas, “les dirigeants de partis de centre-droit ont fait campagne sur des positions xénophobes, et hostiles à l’immigration et aux musulmans, banalisant ainsi des politiques populistes abusives”, regrette aussi HRW.

De ce tableau encore mitigé, Kenneth Roth tire donc une “leçon”: “il y a une bataille en cours” contre les populismes, “et c’est une bataille qui vaut la peine d‘être menée”.

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