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Alexeï Navalny devant la CEDH pour dénoncer l'"arbitraire" de l'Etat russe

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Alexeï Navalny devant la CEDH pour dénoncer l'"arbitraire" de l'Etat russe

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Alexeï Navalny, opposant numéro un au président russe Vladimir Poutine, est attendu mercredi au siège de la CEDH à Strasbourg où seront examinées plusieurs de ses requêtes contre l’Etat russe, accusé d’arrestations “arbitraires”.

“Je confirme qu’Alexeï assistera demain à la réunion de la Cour européenne des droits de l’homme”, a déclaré à l’AFP sa porte-parole Kira Iarmych, précisant qu’il entend s’exprimer devant la presse.

La tribune offerte à cet avocat, militant anticorruption déterminé à défier Vladimir Poutine, revêt une dimension symbolique à quelques semaines de la présidentielle russe du 18 mars. Frappé inéligibilité, Alexeï Navalny a appelé au boycott d’un scrutin qu’il considère comme joué d’avance, et à de grandes manifestations dimanche.

“Ces élections ne sont pas des élections et mon rôle va maintenant consister à expliquer que cette procédure, qu’ils qualifient d‘élections, consiste de fait à renommer Poutine”, a-t-il affirmé dans un entretien accordé le 17 janvier à l’AFP.

L’audience s’ouvrira à 09H15 (08H15 GMT). Les 17 juges de la Grande chambre, instance suprême de la Cour européenne des droits de l’Homme, entendront mercredi les observations et les arguments de l’avocate de Navalny, Olga Mikhaïlova et ceux du gouvernement russe. Mais ils ne rendront pas leur décision avant plusieurs mois, et donc pas avant la présidentielle du 18 mars.

Alexeï Navalny, 41 ans, a été arrêté à sept reprises par la police russe entre 2012 et 2014. A chaque fois, il a été conduit dans un poste de police, gardé pendant plusieurs heures et inculpé d’une infraction administrative, pour “violation de la procédure établie de conduite des événements dans un lieu public” ou pour “désobéissance à une sommation légale de la police”.

Navalny a dénoncé en vain ces arrestations devant les juridictions russes avant de saisir la Cour de Strasbourg, introduisant cinq requêtes entre 2012 et 2014.

- ‘Arrières-pensées politiques’ –

Il soutient que les mesures subies “étaient mues par des arrière-pensées politiques” et “contraires à ses droits fondamentaux”.

S’estimant victime “d’arrestations illégales” et de “privations de liberté arbitraires”, Navalny avait obtenu partiellement gain de cause l’année dernière devant la Cour de Strasbourg.

Dans un premier arrêt de chambre, en février 2017, la CEDH avait condamné Moscou pour violation du “droit à la liberté” de l’opposant, de son “droit à la liberté de réunion” et pour “violation du droit à un procès équitable”.

La Cour avait alors condamné la Russie à verser 50.000 euros de dommage moral à Alexeï Navalny.

L’opposant et le gouvernement russe avaient tous deux fait appel et demandé un réexamen de l’affaire devant la Grande Chambre.

Alexeï Navalny entend peser par tous les moyens sur la présidentielle dont il a été exclu fin décembre, lorsque la cour suprême russe a rejeté son appel et confirmé l’interdiction qui lui a été faite par la commission électorale de se présenter au scrutin.

La commission électorale avait rejeté sa candidature, invoquant une condamnation judiciaire pour détournement de fonds – sans lien avec les griefs portés devant la CEDH -, que l’opposant dénonce comme “fabriquée” pour l‘éloigner de la politique. Il lui est interdit de participation à tout scrutin jusqu’en 2028.

Surtout soutenu par les libéraux, Alexeï Navalny a organisé en mars et en juin deux manifestations d’ampleur dans plusieurs villes du pays, qui ont débouché sur des milliers d’arrestations.

Vladimir Poutine “a peur de moi, peur des gens que je représente”, a-t-il martelé, affirmant avoir “créé le plus important mouvement politique de masse de l’histoire récente de la Russie avec plus de 200.000 volontaires”.

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