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Prisons : 11 jours de blocage, reprise des négociations après les menaces

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Prisons : 11 jours de blocage, reprise des négociations après les menaces

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Au onzième jour d'une mobilisation massive des gardiens de prisons, le ministère de la Justice recevra à tour de rôle les syndicats de surveillants pour leur présenter "un projet d'accord". 

Selon la CGT et l'Ufap-Unsa (majoritaire), des discussions bilatérales avec le ministère de la Justice se sont aussi tenues hier soir, sans aboutir.

Ce matin, les blocages ont repris dans les établissements pénitentiaires, en dépit des menaces de sanctions demandées la veille par l'administration pénitentiaire.

A Fleury-Mérogis, le plus grand centre pénitentiaire d'Europe, une barricade de palettes et pneus a été de nouveau montée devant l'entrée de la maison d'arrêt des hommes par la trentaine de surveillants présents.

Une assemblée générale était prévue tôt dans la matinée pour évoquer les propositions faites par le ministère hier soir et avant le rendez-vous au ministère de la Justice, a assuré sur place un surveillant pénitentiaire à l'AFP sans plus de précisions.

La prison de Nanterre était quant à elle totalement bloquée par une trentaine d'agents rassemblés.

Dans l'établissement de Réau, en Seine-et-Marne, les agents ont "déposé les clés", selon Martial Delabroye, de FO, qui précise que "les grévistes sont à l'intérieur, mais que personne n'a pris le travail".

A Nice, la situation était tendue ce jeudi matin où l'intersyndicale bloque à nouveau la maison d'arrêt. 

"Le directeur est passé menacer de sanctions disciplinaires huit responsables de l'Ufap-Unsa et CGT", a déclaré à lAFP, Johann Bataillé, responsable Ufap-Unsa.

La veille, la tension est montée d'un cran avec l'administration pénitentiaire qui a demandé aux directeurs de prison d'appliquer désormais des sanctions contre les surveillants qui bloquent les prisons.

"Si l'administration croyait que ça calmerait, ça n'a fait que mettre de l'huile sur le feu", a déclaré Thibault Capelle, délégué FO présent à Fleury-Mérogis. Quand les surveillants ont appris cette demande de sanctions, "ça leur a juste mis un peu plus la rage", a-t-il ajouté.

Plainte de détenus

Et puis l'Observatoire international des prisons (OIP) a fait savoir qu'un détenu du centre de Moulins-Yzeure, dans le département de l'Allier, avait déposé un recours en justice pour dénoncer les conséquences des blocages de surveillants sur les personnes incarcérées.

Selon le document que l'AFP a pu consulter, le détenu indique que "depuis neuf jours", il n'a pu prendre "aucune douche", "n'a pas eu droit à des promenades" et que les poubelles de sa cellule ne sont pas collectées. 

Les 28 000 gardiens de prison des 188 établissements français réclament de meilleures conditions de sécurité, notamment face aux détenus djihadistes ou radicalisés, des effectifs supplémentaires et une revalorisation de leurs primes.