DERNIERE MINUTE

DERNIERE MINUTE

Condamné, privé de passeport, Lula proche de la prison?

Vous lisez:

Condamné, privé de passeport, Lula proche de la prison?

Taille du texte Aa Aa

L’ex-président brésilien Luiz Inacio Lula da Silva a passé une semaine tourmentée: il a perdu son appel en justice, a été privé de passeport et ses ambitions de retour au pouvoir ont pris du plomb dans l’aile.

Mais s’est-il vraiment rapproché de la case prison après la confirmation de sa condamnation pour corruption?

L’aréopage d’avocats chargés de sa défense a bien l’intention d’utiliser tous les recours possibles pour permettre au favori des sondages d‘être candidat à la présidentielle d’octobre.

- Un triplex encombrant –

Mercredi, lors d’un jugement qui a tenu le Brésil en haleine, le Tribunal Regional Federal Nº 4 (TRF4), cour d’appel de Porto Alegre (sud), a confirmé la condamnation de Lula pour corruption et blanchiment et a alourdi sa peine d’un tiers, à 12 ans et un mois.

“La pire issue possible”, selon le cabinet d’analyse de risques Eurasia Group, soulignant que la décision à l’unanimité des trois juges restreignait les possibilités de recours de sa défense.

Lula, qui à 72 ans continue de clamer son innocence, a été reconnu coupable d’avoir obtenu un triplex en bord de mer en guise de pots-de-vin du groupe de construction OAS, en échange de l’attribution de marchés publics de Petrobras.

Mais les magistrats ont précisé que cette peine ne serait appliquée qu’une fois épuisés tous les recours en appel, ce qui pourrait prendre des semaines, voire des mois.

La défense de Lula doit présenter dans un premier temps une demande de clarification au sujet d‘éventuelles contradictions ou d’omissions dans le jugement.

En théorie, le TRF4 pourrait ordonner l’incarcération de Lula une fois que ce recours sera jugé.

En 2016, la Cour suprême (STF), plus haute juridiction du Brésil, avait stipulé qu’une peine de prison pouvait être appliquée dès que l’accusé avait épuisé tous ses recours en appel, sans attendre le verdict de juridictions supérieures, qui peut prendre des années.

Ceci enverrait potentiellement Lula en prison dans quelques semaines.

Mais cette décision du STF, prise à une courte majorité de 6-5, est remise en cause par des juristes et pourrait être soumise à un nouveau vote prochainement.

- ‘Risque de fuite’ –

Jeudi soir, Lula a essuyé un nouveau coup dur : un juge de Brasilia a fait confisquer son passeport pour éviter “un risque de fuite” à l‘étranger.

L’ex-président s’apprêtait à voyager en Ethiopie pour participer à une conférence de la FAO (Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture).

Trois avocats avaient déposé une demande, à titre individuel, pour l’empêcher de sortir du pays, mais aussi de la ville où il réside (Sao Bernardo do Campo, près de Sao Paulo).

Ils ont même considéré que le fait que Lula ait été condamné en appel “pourrait justifier la détention préventive”.

Mais le juge de Brasilia s’est contenté d’ordonner la confiscation du passeport, que les avocats de Lula ont remis aux autorités vendredi, après s‘être dits “consternés” par cette décision.

- Dossier sensible –

Icône internationale de la gauche et symbole de la lutte contre la pauvreté, Lula est aussi largement en tête des intentions de vote de la présidentielle d’octobre. Le fait qu’il risque de se retrouver derrière les barreaux déchaîne les passions dans un Brésil très polarisé.

Vendredi, le bureau du juge anticorruption Sergio Moro, qui l’a condamné en première instance pour l’affaire du triplex, a tenu à démentir l’existence d’un mandat d’arrêt contre Lula dont une copie supposée circulait sur les réseaux sociaux.

C’est ce même magistrat — honni de Lula — qui lui avait permis de rester en liberté le temps de son jugement en appel, considérant que “l’emprisonnement d’un ex-président pourrait impliquer des traumatismes” pour la population.

Le ministre de la Justice, Torquato Jardim, a affirmé vendredi qu’il fallait être “prudent” avant de le mettre derrière les barreaux, étant donné que la Cour Suprême pourrait revenir sur sa décision permettant l’emprisonnement d’une personne dès qu’elle a épuisé ses recours en seconde instance.

Tous droits de reproduction et de représentation réservés. © 2018 - Agence France-Presse.
+Voir plus
Tous droits de reproduction et de représentation réservés.© 2018 - Agence France-Presse. Toutes les informations (texte, photo, vidéo, infographie fixe ou animée, contenu sonore ou multimédia) reproduites dans cette rubrique (ou sur cette page selon le cas) sont protégées par la législation en vigueur sur les droits de propriété intellectuelle. Par conséquent, toute reproduction, représentation, modification, traduction, exploitation commerciale ou réutilisation de quelque manière que ce soit est interdite sans l’accord préalable écrit de l’AFP, à l’exception de l’usage non commercial personnel. L’AFP ne pourra être tenue pour responsable des retards, erreurs, omissions qui ne peuvent être exclus dans le domaine des informations de presse, ni des conséquences des actions ou transactions effectuées sur la base de ces informations. AFP et son logo sont des marques déposées.