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Ingvar Kamprad, fondateur de l'empire Ikea, meurt à 91 ans

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Ingvar Kamprad, fondateur de l'empire Ikea, meurt à 91 ans

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Le meuble en kit tendance et pas cher, c’est lui: fils de paysans devenu multimilliardaire, Ingvar Kamprad, le fondateur d’Ikea, est mort à 91 ans, laissant à ses héritiers un empire à la structure beaucoup plus complexe qu’une étagère Billy.

“Entrepreneur unique”, selon le Premier ministre suédois Stefan Löfven, qui “a participé à exporter la Suède dans le monde”, d’après le roi Carl XVI Gustaf, Kamprad, fils de paysans du Småland, une province pauvre et pieuse du sud de la Suède, est mort samedi “après une courte maladie”, a annoncé Ikea dimanche dans un communiqué.

“Il est parti de rien mais avec sa force intérieure, ses capacités et sa volonté, il a crée quelque chose dont je pense tout le monde est fier, quand on voit Ikea dans le monde”, a souligné le capitaine d’industrie Jacob Wallenberg au quotidien économique Dagens Industri.

Kamprad était devenu l’un des hommes les plus riches du monde en proposant des meubles originaux prêts à monter et pas chers.

“Il a mis à la disposition de tous un design de qualité”, estime Steven Coetzee, un touriste sud-africain venu faire un tour dans la boutique Ikea du centre-ville de Stockholm.

Avec Kamprad, “le design de qualité est devenu démocratique”, assure-t-il.

En 2017, la fortune de l’entrepreneur suédois était estimée à 43,3 milliards CHF (37,3 milliards d’euros), le plaçant au troisième rang des milliardaires européens, selon le magazine économique suisse Bilan.

Novateur, Ingvar Kamprad est aussi pionnier de l’optimisation fiscale. En 1973, il quitte la Suède pour le Danemark, puis s’installe en Suisse en 1977 où il vivra jusqu’en 2014 avant de venir finir ses jours dans sa région natale.

L’organisation nébuleuse de son entreprise interpelle. Les fonctions exécutives, la stratégie, la conception des produits sont en Suède, mais d’un point de vue juridique et comptable, Ikea se répartit entre fondations et sociétés aux Pays-Bas, au Luxembourg, en Suisse et au Liechtenstein.

La commission européenne a ouvert en décembre 2017 une enquête contre Ikea. Bruxelles entend procéder à un examen minutieux du traitement fiscal que les Pays-Bas applique au groupe, lequel affirme se conformer aux règles européennes.

Il n’en n‘était pas à son premier scandale.

En 1994, un journal révèle les liens du jeune Kamprad avec un groupuscule nazi suédois pendant et après la Seconde Guerre mondiale. Il admet dans une lettre à ses collaborateurs “la plus grande erreur de sa vie”, qu’il met sur le dos des accointances national-socialistes de sa famille paternelle, d’origine allemande.

- Moins cher que la concurrence –

L’histoire d’Ikea – acronyme qui signifie Ingvar Kamprad, Elmtaryd et Agunnaryd, son adresse natale – commence en 1943. Peu intéressé par les études, le jeune Ingvar préfère se lancer dans le commerce à 17 ans.

Dans une région où un sou est un sou, il se démène pour vendre moins cher que la concurrence. Des allumettes notamment, qu’il livre à vélo, puis des stylos, cadres, articles de décoration, machines à écrire…

En 1947, il offre ses premiers meubles, quatre ans plus tard, diffuse son premier catalogue, aujourd’hui imprimé à 200 millions d’exemplaires.

En 1956, un employé a l’idée de démonter les pieds d’une table pour la faire entrer dans un coffre de voiture. Le concept du meuble en kit, plus facile et moins cher à stocker et transporter, va le travailler jusqu‘à devenir un art.

Dans les années 60, il lance une expansion internationale effrénée. Ingvar Kamprad est persuadé que la recette peut fonctionner partout: prix bas, chasse aux coûts, standardisation, autofinancement et design scandinave.

À partir des années 1970 il conquiert la Suisse, l’Australie, le Canada, la France, les États-Unis, la Russie après la chute du Rideau de fer, l’Asie, le Moyen-Orient.

- Bataille d’héritage –

Le groupe Ikea compte aujourd’hui 403 magasins sur tous les continents, emploie 190.000 personnes dans le monde et génère un chiffre d’affaires annuel de 38 milliards d’euros.

Mais l’homme vivait chichement, s’habillait dans les friperies et fuyait les médias qui raillaient sa Volvo hors d‘âge et des points sur sa carte de fidélité au supermarché.

“C’est dans la nature du Småland, je crois, d‘être économe”, justifiait-il dans un rare entretien en 2016 à la chaîne suédoise TV4. “Si vous me regardez, je pense ne rien porter qui n’ait été acheté à un marché aux puces. Je veux montrer un bon exemple”.

Dans les années 2010, il avait progressivement pris sa retraite, pour laisser la place à ses trois fils.

L’héritage de l’empire Ikea avait fait l’objet d’une âpre bataille entre son fondateur et ses enfants.

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