DERNIERE MINUTE

DERNIERE MINUTE

Critiques contre l'opération turque en Syrie: 13 nouvelles arrestations

Vous lisez:

Critiques contre l'opération turque en Syrie: 13 nouvelles arrestations

Taille du texte Aa Aa

Les autorités turques ont interpellé vendredi treize personnes accusées d’avoir soutenu sur les réseaux sociaux un texte opposé à l’opération militaire menée en Syrie, ont rapporté les médias locaux.

Selon plusieurs médias turcs, les personnes arrêtées sont accusées d’avoir apporté leur soutien sur les réseaux sociaux à un texte publié la semaine dernière par l’Union des médecins de Turquie (TTB) qualifiant la guerre de “problème de santé publique” et se terminant sur l’injonction “Non à la guerre, la paix maintenant et partout”.

Les 11 membres de l’instance dirigeante de la TTB avaient été arrêtés mardi, mais trois d’entre eux ont été remis en liberté conditionnelle vendredi.

“Nous serons toujours du côté de la vie, et contre la mort”, a déclaré l’un d’entre eux, le docteur Sinan Adiyaman après sa libération, selon une vidéo partagée sur les réseaux sociaux.

Le docteur Seyhmus Gokalp, lui aussi libéré vendredi, a raconté avoir dû expliquer la déclaration du TTB en détails au procureur.

La TTB, qui compte plus de 83.000 membres, est l’une des principales associations de médecins en Turquie.

La détention de ces médecins est un exemple des “événements récents inquiétants qui sapent l’Etat de droit et l’indépendance et l’impartialité de la justice en Turquie”, ont déclaré le commissaire européen à l’Elargissement Johannes Hahn, et la Haute représentante de l’UE pour les Affaires étrangères, Federica Mogherini, dans un communiqué diffusé vendredi.

“Des améliorations concrètes et durables en matière d’Etat de droit et de libertés fondamentales restent essentielles pour les perspectives de relations entre l’UE et la Turquie”, ajoute le communiqué.

Ankara a lancé le 20 janvier une offensive à Afrine, dans le nord-ouest de la Syrie, contre la milice kurde des Unités de protection du peuple (YPG) qualifiée de “terroriste” par la Turquie mais alliée des Etats-Unis dans la lutte contre le groupe jihadiste Etat islamique (EI).

Dès le début de l’opération, M. Erdogan a appelé à l’unité nationale et assuré que ceux qui manifesteraient contre l’offensive paieraient un “prix très élevé”.

Parmi les personnes arrêtées vendredi figure Ali Erol, cofondateur de Kaos GL, l’une des principales organisations de défense des droits des LGBTI (lesbiennes, gays, bisexuels, transgenres et intersexes) en Turquie.

“Bien qu’il n’y ait pas d’information claire sur les raisons de l’arrestation d’Ali Erol, ses avocats affirment que le mandat d’arrêt évoque des publications sur les réseaux sociaux”, explique Kaos GL dans un communiqué.

Il a en effet exprimé à plusieurs reprises son soutien à l’appel de la TTB sur son compte Twitter ces derniers jours.

Songül Akbay, une conseillère de l’ancienne co-présidente du Parti démocratique des peuples (HDP, prokurde) incarcérée depuis novembre 2016, Figen Yüksekdag, fait également partie des personnes arrêtées, a indiqué le HDP à l’AFP.

Les autorités turques s’efforcent depuis le début de l’offensive en Syrie de museler toute critique contre l’offensive. Ainsi plus de 300 personnes ont été arrêtées sous l’accusation d’avoir fait de la “propagande terroriste” sur les réseaux sociaux contre l’opération à Afrine.

Vendredi matin, 12 personnes ont été interpellées à Bursa (nord-ouest) pour cette raison, selon l’agence de presse Dogan.

Tous droits de reproduction et de représentation réservés. © 2018 - Agence France-Presse.
+Voir plus
Tous droits de reproduction et de représentation réservés.© 2018 - Agence France-Presse. Toutes les informations (texte, photo, vidéo, infographie fixe ou animée, contenu sonore ou multimédia) reproduites dans cette rubrique (ou sur cette page selon le cas) sont protégées par la législation en vigueur sur les droits de propriété intellectuelle. Par conséquent, toute reproduction, représentation, modification, traduction, exploitation commerciale ou réutilisation de quelque manière que ce soit est interdite sans l’accord préalable écrit de l’AFP, à l’exception de l’usage non commercial personnel. L’AFP ne pourra être tenue pour responsable des retards, erreurs, omissions qui ne peuvent être exclus dans le domaine des informations de presse, ni des conséquences des actions ou transactions effectuées sur la base de ces informations. AFP et son logo sont des marques déposées.