DERNIERE MINUTE

DERNIERE MINUTE

Corse : les revendications des nationalistes

Vous lisez:

Corse : les revendications des nationalistes

Taille du texte Aa Aa

A la veille d'un discours très attendu d'Emmanuel Macron sur l'avenir de la Corse, les dirigeants nationalistes de l'île font monter la pression pour faire valoir leurs revendications depuis leurs victoires successives aux dernières élections locales et nationales.

Si l'indépendance de la Corse ne fait pas partie des priorités - du moins à court ou moyen terme - les nationalistes attendent de Paris des gestes d'ouverture. En cas de blocage, "il peut forcément y avoir des violences", a déclaré Gilles Simeoni le président du Conseil exécutif de Corse, à la veille de la visite en Corse du président français.

Un nouveau statut pour la Corse
Aujourd'hui, la Corse bénéficie d'un statut hybride en tant que collectivité territoriale spécifique. Les nationalistes, soutenus d'éminents professeurs de droit, réclament donc un nouveau statut calqué sur l'autonomie déjà accordée à certains territoires d’outre-mer. Une telle reconnaissance nécessiterait toutefois une révision de la Constitution française dont on parle beaucoup ces derniers temps.

Les nationalistes y croient d'autant plus que, durant sa campagne électorale, le président français avait déclaré être "ouvert au dialogue".

La création d'un nouveau statut permettrait de renforcer les pouvoirs des autorités locales en matière fiscale, foncière ou linguistique. Trois sujets éminemment polémiques.

Officialiser la langue corse
Depuis 1991, la notion de "peuple corse" a été jugée illégale par le Conseil constitutionnel français au nom de l'indivisibilité de la République. Malgré ce jugement, le débat autour de la langue corse n'a jamais cessé. Les nationalistes réclament que leur langue soit officialisée sur le tout territoire insulaire. Non pas pour remplacer le français mais pour coexister à ses côtés dans l’administration, l’enseignement, les médias... Un casus belli pour les autorités françaises. Récemment Jacqueline Gourault, la "Madame Corse" du gouvernement a rappelé que "la langue de la République française [était] le français et que la coexistence n’est "pas envisageable".

L'amnistie des "prisonniers politiques"

Encore un autre dossier sensible. Cela fait longtemps que les nationalistes exigent l'amnistie pour les Corses détenus pour activités terroristes, des condamnés considérés comme des "prisonniers politiques". C'est notamment le cas d'Yvan Colonna condamné à perpétuité pour l’assassinat en 1998 du préfet Claude Erignac.

A défaut d'obtenir leur libération, qui n'est pas du tout à l'ordre du jour, les nationalistes réclament au moins un transfert des détenus dans des prisons corses au nom du rapprochement familial. Sur ce point le gouvernement n'a pas totalement fermé la porte et promet une discussion au cas par cas.

Des résidents corses
Afin de lutter contre la spéculation foncière, les nationalistes revendiquent aussi la création d'un statut de résident corse. L'idée est d'imposer une période probatoire à toute personne voulant acquérir un bien sur l'île de Beauté. En 2014 une proposition allant dans ce sens avait suscité une vive polémique. Pour devenir propriétaire un non résident aurait dû attendre 5 ans si le texte avait été adopté, une mesure jugée contraire au droit de propriété. Le fait est que la pression immobilière demeure un réel problème en Corse (plus de 35% des logements y sont des résidences secondaires entraînant une flambée des prix).

Photo de Une : Jean-Yves Leandri,  maire de Granace (Corse-du-Sud) et membre de l'exécutif du parti indépendantiste Corsica Libera. Le 31 janvier 2018. REUTERS/Jean-Paul Pelissier.

C.Ga (avec agences)