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JO-2018: les descendeurs français s'en remettent à l'histoire

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JO-2018: les descendeurs français s'en remettent à l'histoire

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La magie des Jeux! En descente, les Français peuvent s’appuyer sur leur tradition d’exploits olympiques, bien plus que leur forme du moment, pour espérer monter sur l’Olympe de l‘épreuve reine du ski alpin, dimanche à Jeongseon.

Cinq succès tricolores ont égrené 70 ans de descente aux JO, depuis Henri Oreiller en 1948 à Saint-Moritz jusqu‘à Antoine Dénériaz, aux Jeux de Turin-2006.

Si Jean Vuarnet (Squaw Valley-1960) et plus encore Jean-Claude Killy (Grenoble-1968) s‘étaient imposés en favori, Jean-Luc Crétier avait causé la surprise en 1998 à Nagano, le jour où l’Autrichien Hermann Maier s‘était crashé pour devenir “Herminator”.

Il y a 20 ans justement, la descente avait été repoussée de jour en jour à Hakuba, site de l’alpin, à cause du brouillard et de la neige.

L’histoire risque de se répéter à Jeongseon où l’alerte vent menace la tenue de la course programmée dimanche.

“La descente reste la priorité, avec un départ du haut”, a rappelé Markus Waldner, le directeur de la course, mais des rafales sont attendues “jusqu‘à mardi matin.”

Course reportée? “Moi, ça ne me fait ni chaud ni froid. Ca m‘était arrivé quand j’avais fait ma médaille (bronze en super-G) aux Mondiaux de Beaver Creek (2015)”, souligne Adrien Théaux, un des quatre mousquetaires.

- Pas favoris –

Le Pyrénéen de 33 ans, installé à Val Thorens (Savoie), n’a pas fait mieux que septième en descente cette saison, à Lake Louise (Canada) et Bormio (Italie), mais il a régulièrement signé des sections rapides sur différentes pistes.

“J’ai été entre 4 (à Beaver Creek mais en super-G, ndr) et 12 toute la saison. Il faut que j’arrive à faire un run complet de haut en bas. Certaines fois, je veux en rajouter un peu. Il y a tellement d’envie d‘être devant. Il faut rester simple, se poser un peu”, explique Théaux.

Avec son profil à la Crétier aucune victoire en Coupe du monde, le vétéran (37 ans) Johan Clarey ne veut pas rater ses derniers Jeux. “Je suis confiant”, répète-t-il.

Maxence Muzaton et Brice Roger ont pour référence également une 7e place, respectivement sur les pistes mythiques de Wengen (Suisse) et Kitzbühel (Autriche).

Roger, qui s‘était blessé la veille de la descente de Sotchi en 2014, a un compte ouvert avec les Jeux.

Et tous les quatre voudront inventer l’impossible en mémoire de leur infortuné équipier David Poisson, mort accidentellement à l’entraînement en novembre au Canada.

“On n’est pas des favoris, mais on est capables d’aller chercher un podium. Il ne faut rien lâcher”, synthétise Xavier Fournier, responsable du groupe vitesse.

Et d’ajouter: “Nous avons tous David dans notre coeur. Ils auront cette force le jour de la course, mais ils doivent avant tout courir pour eux”.

Pourtant, ce sont bien les meilleurs descendeurs de l’année, notamment le Suisse Beat Feuz (trois victoires sur le circuit majeur) et le Norvégien Aksel Lund Svindal (deux succès), qui aimantent les pronostics pour l’or.

“Ici, l’arrivée est facile à rejoindre mais gagner est difficile. A Kitzbühel, il est déjà difficile d’arriver en bas”: Svindal plante ainsi le décor d’une piste relativement facile à skier, sans mur ni gros saut, mais difficile à interpréter.

- Une première norvégienne? –

Quintuple champion du monde et triple médaillé olympique, Svindal n’a jamais remporté la descente des Jeux. Son compatriote Kjetil Jansrud, vainqueur de l‘épreuve préolympique il y a deux ans et autre favori, non plus. Aucun Norvégien d’ailleurs.

La pression serait-elle alors sur le duo norvégien? D’un calme olympien, le sculptural Svindal répond en ouvrant les cinq doigts d’une main, cinq comme les titres olympiques en super-G étiquetés “Attacking Vikings”.

Dénuée de la dimension physique de la précédente à Sotchi, la descente de Jeongseon est pourtant piégeuse, selon le Suisse Didier Défago, médaillé d’or de la discipline aux Jeux de Vancouver en 2010.

“Il faut pouvoir jouer avec tous ces mouvements de terrain, ces petites bosses, et déjà savoir où on va. Il y a beaucoup de portes cachées, de passages qui se ressemblent un peu. Il faut déjà bien se remémorer le tracé de 2,9 km. Il y a très peu de répit, il faut travailler constamment”, assure Défago, désormais assistant de l’architecte des descentes olympiques, Bernhard Russi, vainqueur aux Jeux de 1976.

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