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Bras de fer autour de la venue de Maduro au sommet des Amériques

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Bras de fer autour de la venue de Maduro au sommet des Amériques

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Nicolas Maduro ira-t-il au sommet des Amériques, en avril à Lima? Le président vénézuélien assure que oui, alors que le Pérou, qui dénonce une radicalisation de son gouvernement, repète qu’il n’est pas le bienvenu.

“Ils ont peur de moi? Ils ne veulent pas me voir à Lima? Ils vont me voir, qu’il pleuve, qu’il y ait du tonnerre ou des éclairs, par les airs, par terre ou par mer j’arriverai au sommet des Amériques avec la vérité (…) du Venezuela”, a déclaré le président socialiste au cours d’une conférence de presse.

Mardi, le Pérou, hôte les 13 et 14 avril du sommet des Amériques réunissant des chefs d’Etat de 35 pays du continent et des Caraïbes, avait fait savoir que le président Maduro n’y serait “pas le bienvenu” et lui a demandé de s’abstenir d’y participer.

Mais ce dernier a assuré avoir reçu mercredi une lettre d’invitation du président péruvien Pedro Pablo Kuczynski.

“Cette lettre de Pedro Pablo Kuczynski est arrivée, pour m’inviter au sommet des Amériques. Mettez-vous d’accord, ils veulent répéter avec le Venezuela le mauvais traitement qu’ils ont réservé à notre soeur, Cuba. Mettez-vous d’accord, ils sont fous”, a-t-il déclaré, montrant la lettre aux journalistes.

Immédiatement, le ping-pong diplomatique a repris: “Un chef d’Etat n’arrive pas dans un pays sans une invitation, donc il (Maduro) ne peut pas fouler le sol péruvien sans une invitation”, a rétorqué la Première ministre péruvienne, Mercedes Araoz.

Elle a qualifié les déclarations de M. Maduro d’“attitude agressive” lors d’une conférence de presse à Chiclayo (nord).

Ce sommet va se dérouler à un moment crucial: à quelques jours seulement de l‘élection présidentielle, que les autorités électorales – réputées proches de M. Maduro – ont avancé de décembre au 22 avril.

Une partie de la communauté internationale, notamment l’Union européenne et la Colombie, a déjà dit qu’elle ne reconnaîtrait pas les résultats de cette élection, qualifiée par Washington comme n‘étant “ni libre, ni juste”.

- En même temps que Trump? –

S’il va a à Lima, M. Maduro pourrait s’y trouver au même moment que Donald Trump, qui l’accuse d’avoir instauré une “dictature” au Venezuela et lui a déjà infligé des sanctions financières.

Donald Trump n’a pas encore confirmé sa venue au sommet.

La présence de M. Maduro semble elle aussi en suspens: “Je doute qu’au final il y aille, surtout en raison de la proximité du sommet avec l‘élection”, estime ainsi Mariano de Alba, expert en questions internationales.

Pour lui, “c’est une annonce de plus pour la galerie, plus qu’une intention réelle d’y participer une fois que l’invitation a été retirée”.

Un peu plus tôt, Cuba, grand allié politique du Venezuela, avait dénoncé “l’exclusion” de ce dernier du sommet des Amériques.

Mardi également, les ministres des Affaires étrangères du groupe de Lima, alliance de 14 pays du continent américain dont le Brésil, le Mexique et le Canada, avaient demandé au gouvernement de Nicolas Maduro de fixer un nouveau calendrier électoral au lieu de l‘élection présidentielle anticipée du 22 avril.

Ce groupe de Lima dénonce depuis plusieurs mois une radicalisation du gouvernement vénézuélien.

Jeudi, M. Maduro leur a répondu, en les qualifiant au passage de “cartel de Lima” inféodé à Washington, que le scrutin aurait bien lieu ce jour-là.

“Au Venezuela, ce sont les Vénézuéliens qui décident, pas le groupe de Lima, ni Pedro Pablo Kuczynski, ni (le président colombien) Juan Manuel Santos”, a-t-il dit.

Le chef de l’Etat, élu en 2013, fait face à un taux d’impopularité de 75%, selon un sondage de l’Institut vénézuélien d’analyse des données (IVAD), en raison de l’effondrement économique du pays pétrolier, frappé par de graves pénuries de médicaments et d’aliments, ainsi que par une hyper inflation.

Mais en avançant la date de l‘élection présidentielle, il a réussi à déstabiliser l’opposition, déjà affaiblie et divisée. Cette dernière, qui redoute des fraudes, n’a toujours pas décidé si elle participerait au scrutin.

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