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Après Edimbourg, le rugby français défend une "3e mi-temps" avec modération

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Après Edimbourg, le rugby français défend une "3e mi-temps" avec modération

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Exclusion, enquête interne et image écornée: la virée nocturne arrosée de certains joueurs du XV de France à Edimbourg, après la défaite face à l’Ecosse (32-26), secoue le rugby français, qui défend un usage modéré de la fête, indissociable de la vie de groupe.

“Par ce comportement inapproprié, ils n’ont pas respecté leur statut de joueur international et les devoirs qui en découlent.” En excluant, mardi, huit joueurs (Thomas, Picamoles, Iturria, Danty, Macalou, Belleau, Lamerat, Lambey) pour être sortis après une deuxième défaite consécutive dans le Tournoi des six nations, le sélectionneur Jacques Brunel a envoyé un signal fort.

Le président de la Fédération Bernard Laporte aussi, en lançant mercredi une enquête interne. Dans un premier temps, l’ex-sélectionneur avait pourtant estimé que ce n‘était “pas méchant”.

Il se trouvait alors avec les Bleus à l’aéroport d’Edimbourg, dans l’avion que la police a empêché de décoller afin d’entendre certains joueurs comme simples témoins potentiels à la suite d’informations sur une agression sexuelle dans le centre-ville.

- ‘La culture de notre sport’ –

Si la police a conclu, après investigation, “qu’aucun crime” n’avait “été commis”, les circonstances spectaculaires et le contexte grave dans lesquelles ces auditions se sont déroulées ont causé un émoi important en France, où le rugby est traditionnellement associé à la fête et aux excès qui en découlent.

“La troisième mi-temps fait partie du rugby”, estime l’entraîneur d’Agen Mauricio Reggiardo. “Il faut que ça reste, ça fait partie de la culture de notre sport. Le rugby, c’est une histoire d’hommes. Et dans cette histoire d’hommes, il y a des choses qui doivent rester dans le groupe et d’autres qui peuvent sortir à l’extérieur.”

Risqué à l’heure des smartphones mais indispensable. “À Agen, nous n’avons pas les moyens de certains clubs, donc on est obligé de se réfugier dans d’autres valeurs. Manger ensemble, faire un barbecue ou aller boire un verre après un match, cela fait partie de ces valeurs”, estime le troisième ligne Antoine Erbanei. “L’idée n’est pas de se défoncer la gueule mais cela fait plaisir de se rassembler pour boire un coup.”

La modération n’est pas forcément une évidence dans un sport qui fait figure d’exception avec une consommation d’alcool largement tolérée voire encouragée, là où d’autres disciplines l’ont proscrite depuis longtemps.

“On est des grands garçons, chacun se gère. Évidemment qu’il y aura toujours des troisièmes mi-temps. A chacun d‘être maître de soi”, réagit Alexandre Flanquart, deuxième ligne du Stade Français.

- ‘Responsabiliser les joueurs’ –

“Il faut responsabiliser les joueurs”, abonde Reggiardo. “C’est ce que fait Jacques Brunel. Si, quand l‘équipe perd un match, un joueur ne comprend pas que ce n’est pas bien de rentrer ensuite à 6 heures du matin la tête à l’envers, c’est qu’il n’a pas sa place en équipe de France”, assène le technicien agenais.

Le professionnalisme et ses obligations semblent faire rentrer le rugby petit à petit dans le rang. “Rugbyman ou n’importe qui, on ne peut pas faire n’importe quoi”, estime Olivier Azam, entraîneur des avants du Stade Français. “Un docteur qui fait n’importe quoi le week-end, l’ordre des médecins ne va pas le féliciter le lundi. On n’est pas des cas à part. Il faut un peu de respect pour les gens, les institutions. Ce n’est pas une question de troisième mi-temps”, estime l’ex-talonneur international.

Les réseaux sociaux et leurs milliers d’espions potentiels à chaque coin de rue sont un autre élément nouveau pour un sport devenu professionnel dans les années 1990. “Avant, quand on rentrait à 9 heures du matin, personne ne le savait. Mais le rugby a changé et il faut s’adapter”, note Reggiardo.

“Aujourd’hui, tout se sait plus vite mais avant il y avait quand même des sanctions”, relativise Azam.

Sauf qu’avant, le XV de France gagnait plus, beaucoup plus de tests. “Actuellement, il faut qu’on soit plus blanc que blanc car l’image du rugby en prend un coup trop souvent et notamment le rugby français”, estime Azam. Aux joueurs de s’adapter.

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