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Larmes, désespoir et culpabilité après la fusillade de Parkland

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Larmes, désespoir et culpabilité après la fusillade de Parkland

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“Il avait un plan, il a essayé de s’enfuir”, “je me demandais: est-ce que je vais mourir?”, “tout d’un coup, j’ai entendu pan, pan, pan”. Quelques phrases saisies au vol dans un parc de Floride où des centaines de personnes ont cherché du réconfort au lendemain du massacre dans un lycée de Parkland.

Mercredi, jour de la Saint-Valentin ou des Cendres, Nikolas Cruz a ouvert le feu dans son ancien lycée de Marjory Stoneman Douglas de Parkland, à 80 kilomètres au nord de Miami. Le jeune de 19 ans a tué 17 personnes et en a blessé 15 autres.

Il a été inculpé jeudi de 17 assassinats.

Une adolescente est étranglée par les sanglots. Ses amies l’enserrent dans leurs bras, en silence. Elles étaient assises jeudi après-midi sur une couverture de la Croix Rouge étendue sur l’herbe du Pine Trails Park à Parkland.

Certains dissimulent leurs yeux rougis derrière des lunettes de soleil, d’autres enlacent des gens au hasard qu’ils les connaissent ou non. Un désespoir immense règne.

La plupart sont des enfants et des adolescents qui, pour beaucoup, s’adressent aux adultes en espagnol. Le comté de Broward, où est situé Parkland, compte 1,4 million d’habitants dont 500.000 sont d’origine hispanique.

“Ca m’a causé une panique terrible. Je ne pensais pas qu’il pourrait se passer quelque chose comme ça au lycée”, dit l’un des jeunes.

“Je me sens tellement mal pour ces jeunes qui sont morts”, confie à l’AFP Stacey Sayers, rescapée de 15 ans.

“Ils n’ont pas pu se lever ce matin et se maquiller comme j’ai pu le faire et juste tomber amoureux, avoir des enfants, ils ne peuvent plus faire tout ça”, a-t-elle poursuivi. “Je me sens si coupable et tellement chanceuse à la fois”.

- ‘Nous souffrons beaucoup’ –

En début de soirée, ce sont plusieurs milliers de personnes qui sont venues participer à une veillée dans le parc, dont un grand nombre tenaient une bougie en main.

“Ca me brise le coeur. Je suis surprise de ne pas être en pleurs maintenant, ça viendra sans doute plus tard”, a confié Ashaunda Chapman, 18 ans, dont beaucoup d’amis fréquentent le lycée Marjory Stoneman Douglas.

Scott Israel, shérif du comté de Broward, se trouvait aussi à cette veillée. “Nous souffrons, nous souffrons beaucoup. Aucun parent ne devrait enterrer son enfant”, a-t-il dit à la foule.

A la mi-journée, une centaine de personnes avaient assisté à une messe dans la ville voisine de Coral Springs.

“Ca se passe toujours ailleurs. Mais c’est quand même le quartier de quelqu’un et, malheureusement, ça s’est passé ici” cette fois, a déclaré à l’AFP le pasteur Eddie Bevill. “Ca va nous marquer pour toujours”.

Le gouverneur de Floride Rick Scott, un défenseur du deuxième amendement de la Constitution qui garantit le droit de posséder une arme à feu, a assisté à cette cérémonie religieuse. Il a lu un passage de la Bible, puis a esquivé les journalistes.

Une femme de l’assistance a brisé le silence en criant, avant de retrouver son calme grâce à quatre femmes venues l’entourer.

La Floride a connu récemment un drame de grande ampleur lorsqu’un homme a abattu 49 personnes dans un club gay d’Orlando en 2016, pire attaque sur le sol américain depuis les attentats du 11-Septembre jusqu‘à ce qu’un tireur tue 58 personnes à Las Vegas en octobre 2017.

“Une législation qui empêche un mineur de boire un verre mais qui l’autorise à acheter une arme à feu, c’est tellement illogique”, a relevé Mavy Rubiano, 47 ans, mère d’une élève qui en a réchappé mercredi.

L‘âge légal pour boire de l’alcool est 21 ans aux Etats-Unis. Nikolas Cruz avait acheté légalement son fusil d’assaut.

Lors d’une courte allocution télévisée jeudi, le président Donald Trump n’a prononcé “arme à feu” à aucun moment mettant plutôt l’accent sur la nécessité de repérer les personnes souffrant de problèmes psychiatriques.

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