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Des Syriens cherchent leurs proches dans les hôpitaux, morts ou vivants

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Des Syriens cherchent leurs proches dans les hôpitaux, morts ou vivants

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Dans une morgue de Douma, Nidal pleure près du corps sans vie de sa fille. “J’ai encore cinq enfants et je ne sais pas où ils sont”, crie-t-il.

Sa fillette fait partie des 77 civils tués lundi dans les bombardements intensifs du régime syrien contre l’enclave rebelle de la Ghouta orientale près de Damas, dont Douma est la principale ville.

Au moins 20 des victimes sont des enfants, selon l’Observatoire syrien des droits de l’Homme (OSDH). Plus de 300 personnes ont été blessées.

Dans les localités de l’enclave, les hôpitaux et les médecins sont débordés par les enfants qui recherchent leurs parents mais aussi par des parents en quête de leurs enfants.

Alors que les corps continuent d‘être transportés du chaos de la salle d’urgence vers une morgue improvisée, Nidal soulève les linceuls couvrant plusieurs enfants avant de trouver sa fille, Farah (joie en arabe). Il s’agenouille et pleure à côté d’elle.

Farah a été tuée dans la localité de Mesraba et sa dépouille emmenée à Douma par les secouristes, complètement débordés depuis que le régime a intensifié ses frappes sur la Ghouta orientale il y a deux semaines.

Entre deux sanglots, son père demande aux employés s’il y a un “frigo” pour y déposer son corps. La réponse est négative.

L’homme affligé pleure alors à chaudes larmes. Nidal crie aussi car il ne sait pas où sont ses cinq autres enfants. “J’ai cinq enfants, j’ignore totalement où ils sont, cinq enfants et leur mère!”

“Que Dieu vous donne patience”, lui lance un secouriste, désemparé.

Des secouristes ont ensuite indiqué à l’AFP qu’il avait finalement retrouvé ses cinq enfants, sains et saufs.

L’hôpital de Douma est plein de civils affolés. Un homme se cogne la tête par terre à côté du corps inanimé de son enfant. Un autre éclate en sanglots en découvrant la dépouille de son nouveau-né posée sur une couverture, à côté d’une flaque de sang.

- ‘Ils me sont revenus’! –

Onze dépouilles ont été transportées dans cette hôpital, selon le correspondant de l’AFP.

Dans le même établissement, des enfants blessés arrivés sans leurs parents pleurent en appelant désespérément leur père ou mère.

D’autres sont assis en silence, du sang sur leur visage blanchi par la poussière, alors qu’ils sont traités par les médecins.

Les mêmes scènes se répètent dans les autres hôpitaux de la Ghouta orientale.

Dans la localité de Hammouriyé, où 20 civils ont été tués lundi par les frappes du régime, médecins et infirmiers peinent à soigner tous les patients.

Des civils recherchent également leurs proches morts ou vivants.

Dans la morgue de l’hôpital, un homme grièvement blessé à la tête est allongé au sol, mais son cœur continue de battre.

Ses blessures sont tellement graves que les médecins ont estimé qu’ils ne pouvaient pas le sauver. Et ils ont été aider d’autres blessés affluant vers l’hôpital.

En raison du siège du régime imposé depuis 2013 à la Ghouta orientale, les hôpitaux manquent de presque tout.

Certains ont eu de la chance. Dans l’hôpital de Douma, un homme arrive et trouve ses deux enfants parmi d’autres blessés emmenés dans l‘établissement.

Il les porte dans ses bras en pleurant de joie et crie: “Ils me sont revenus sains et saufs, Dieu est grand”!

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