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Dans un lycée du New Jersey, la sécurité pour obsession

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Dans un lycée du New Jersey, la sécurité pour obsession

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Un grand bâtiment de briques sur une hauteur, le nom des élèves “athlètes du mois” défilant sur un panneau lumineux, quatre vigiles aux aguets et une voiture de police à l’entrée: bienvenue au lycée East Brunswick, où la sécurité est un souci permanent.

Face aux fusillades à répétition endeuillant les Etats-Unis, comment protéger les 2.100 lycéens de cet établissement public réputé de la grande banlieue new-yorkaise?

“C’est devenu une pensée récurrente tout au long de la journée”, explique Victor Valeski, directeur des onze écoles du district scolaire d’East Brunswick.

Les responsables du district n’ont pas attendu celle de Parkland (Floride, sud-est), qui a fait 17 morts le 14 février, pour renforcer la sécurité, explique-t-il.

Le drame de l‘école primaire de Sandy Hook, qui a fait 26 morts dont 20 enfants fin 2012 dans l’Etat tout proche du Connecticut, les avait déjà fait bouger.

Depuis deux ans, soixante-dix agents de police à la retraite, non armés, protègent tous les établissements du secteur et leurs 8.200 élèves.

Au lycée, le port d’un badge est obligatoire pour contrôler l’identité de toute personne circulant dans les locaux. Au début des cours, les portes sont fermées à clé à l’exception de la porte d’entrée principale, qui donne sur un vestibule servant de sas de sécurité.

Couloirs et parties communes —pas les salles de classe— sont scrutés par des caméras de surveillance, des modèles dernier cri déployés depuis trois ans.

Dès le lendemain de la tragédie de Parkland, les responsables du district ont décidé de “passer à l‘étape supérieure”, en gestation depuis deux ans et demi: le recrutement de policiers armés, qui assureront d’ici lundi une présence permanente dans tous les établissements, huit heures par jour.

Ces policiers supplémentaires coûteront au district quelque 430.000 dollars par an —en plus du 1,7 million de dollars pour les vigiles non armés.

“C’est un montant significatif” mais “c’est une priorité importante pour la direction, pour moi-même et pour toute la ville”, explique ce père de famille, dont un fils a échappé de justesse à la fusillade de l’université Virginia Tech en 2007, qui a fait 32 morts.

Les autorités s’efforcent d‘éviter que ces dépenses de sécurité ne rognent sur le budget proprement éducatif, essayant de réduire au maximum les coûts administratifs.

“Nous ne voulons pas créer un environnement qui ressemble à une forteresse”, affirme M. Valeski. “Nous voulons des écoles qui ressemblent à des écoles, mais nous voulons nous assurer que quand les élèves entrent dans les bâtiments et qu’on verrouille les portes (…), tout le monde a été contrôlé”.

- Solidarité avec Parkland –

La réflexion n’est pas terminée. Il n’exclut pas d’installer des détecteurs de métaux et voudrait améliorer encore la communication en cas d’alerte.

Il écarte en revanche l’idée défendue par le président américain Donald Trump d’armer les professeurs.

“En général, nos enseignants ne le souhaitent pas et je crois que ce serait un énorme fardeau pour eux, alors qu’ils font cours, d‘être aussi responsables de cette façon”, dit-il.

Beaucoup d‘élèves semblent rassurés par les mesures prises.

“J’ai l’impression qu’ils font ce qu’il faut, tout le monde se sent beaucoup plus en sécurité”, dit Alexis Olvera, élève de Terminale de 18 ans.

Le niveau de sécurité “est bon, maintenant qu’on a un policier en plus avec une arme”, dit aussi Sameh Beshay, 16 ans.

Vanessa Russo, 16 ans, est moins à l’aise. “On ne résout pas le problème des armes avec d’autres armes. Ils devraient plutôt s’occuper davantage des élèves qui ont des envies de violence”, dit-elle.

Malgré ces différences, les élèves se disent unis dans leur soutien à ceux de Parkland et prêts à répondre à leur appel à se mobiliser le 14 mars, avant le grand rassemblement prévu le 24 mars à Washington pour réclamer un contrôle plus strict sur les armes.

Une initiative lycéenne soutenue par M. Valeski, un ancien militaire pour qui “les fusils d’assaut ont leur place dans l’armée”, “pas chez les particuliers”.

“Une partie de leur apprentissage ici consiste à apprendre ce qu’est le militantisme”, dit-il. “S’ils n’aiment pas ce que font leurs élus, peut-être qu’un jour, eux-mêmes seront des élus”.

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